PEOPLE - Le réalisateur n'aura pourtant pas le choix...
Toujours emprisonné en Suisse, Roman Polanski veut croire en ses chances de ne pas être extradé vers les Etats-Unis. Son avocat Me Hervé Temime a fait savoir vendredi, dans une interview au
Figaro, que son client «n'acceptera pas d'être extradé aux Etats-Unis».
Prescription
Les Etats-Unis ont
officiellement transmis leur demande d’extradition le 23 octobre dernier. Depuis, Roman Polanski a fait appel de cette demande, réclamant notamment sa mise en liberté provisoire. La Suisse ne s’est toujours pas prononcée mais les chances du réalisateur sont minces. On voit mal comment le pays, qui a soigneusement organisé l’arrestation de Roman Polanski –
presque un guet-apens – autoriser sa libération et le soustraire à la justice américaine.
L’avocat de Polanski a donc choisi d’axer sa défense sur deux autres points. Le premier, connu, est celui de la prescription. «Nous soulevons le problème de la prescription qui, s'il n'est pas abordé par la convention d'extradition liant la Suisse et les États-Unis, se pose indéniablement au regard des principes généraux du droit», estime Me Temime. Les
faits reprochés à Roman Polanski datent de plus de 30 ans mais la justice américaine n’a pas la même approche de la prescription. D’après la cour supérieure de Los Angeles, l’affaire ne peut être classée tant que le réalisateur reste un fugitif.
Cavale
Deuxième axe de défense: contester le procès qui s’est tenu en 1977. «Nous soutenons que monsieur Polanski n'a pas fait l'objet d'un procès loyal à Los Angeles, affirme Me Temime. Pour toutes ces raisons entre autres, sa position demeure invariable: il n'acceptera pas d'être extradé aux États-Unis.» La partie semble pourtant mal engagée pour le réalisateur. Sa demande de mise en liberté provisoire a été rejetée une première fois avant que
Roman Polanski présente un recours, le 3 novembre dernier.
La justice suisse devrait se prononcer dans les prochaines semaines, sans doute en faveur d’un maintien en détention. Il faut dire que le réalisateur, en cavale depuis plus de 30 ans, peut difficilement être cru sur parole lorsqu’il affirme qu’il ne tentera pas de se soustraire à la justice. Seul impératif pour Roman Polanski actuellement: gagner du temps. «Si on s'oppose à l'extradition de Polanski, ça peut durer six mois»,
déclarait Me Temime le 10 octobre dernier. Juste de quoi souffler un peu avant sa certaine extradition.
S. C.