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Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il choisi Albert Camus?

L'écrivain et essayiste français Albert Camus, en 1954 à Paris
L'écrivain et essayiste français Albert Camus, en 1954 à Paris/UNIVERSAL PHOTO/SIPA

CULTURE - Le chef de l'Etat envisage de transférer les cendres de l'écrivain décédé au Panthéon...

Rien n’est encore fait mais Nicolas Sarkozy a confirmé jeudi soir qu’il envisageait de transférer les cendres de l’écrivain Albert Camus au Panthéon, à l'occasion du 50e anniversaire de sa mort, le 4 janvier prochain. L’auteur de L’étranger et de La peste serait ainsi le cinquième écrivain à connaître les honneurs de la République. Explications.
 
Qu’est-ce que le Panthéon?
Construit au XVIIIe, ce bâtiment de style néo-classique était, à l’origine, une église destinée à abriter les reliques de sainte Geneviève. Depuis la Révolution française, le Panthéon a vocation à honorer des personnages et rappeler des événements ayant marqué l'histoire de France. Il distingue les «grands hommes de la nation», soit des philosophes, des scientifiques, des militaires ou encore des hommes politiques (>> Voir la liste complète des personnes admises au Panthéon en cliquant ici).
 
Quels écrivains y reposent?
Victor Hugo, Alexandre Dumas et Émile Zola. Le transfert de ce dernier, en 1908, avait d’ailleurs suscité de vives polémiques. Les écrivains et philosophes Jean-Jacques Rousseau et Voltaire complètent la liste.
 
Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il choisi Albert Camus?

Selon le président français, «ce serait un symbole extraordinaire», «un choix particulièrement pertinent». Sans plus d’explication. Tout juste sait-on que le chef de l’Etat connaît bien l’oeuvre de l’écrivain et qu’il «avait voulu aller sur la plage de Tipaza lors de son voyage en Algérie en 2007», selon lemonde.fr. En 2007, un dîner avait été organisé entre le Président, Catherine Camus, fille de l'artiste, et ses anciens amis, afin de célébrer le cinquantième anniversaire de l’obtention par Camus du prix Nobel de littérature, en 1957. «Camus, c'est consensuel. Mais ce n'est pas Victor Hugo, il y aura toujours une voix pour dire qu'il fallait y mettre quelqu'un d'autre, notamment une femme, Marie Curie étant la seule à y être», explique-t-on dans l'entourage du Président, toujours selon lemonde.fr qui a révélé l’information.
 
Un choix consensuel?
L’écrivain humaniste est connu pour son œuvre sur l'absurdité de la condition humaine et sur la notion d’étranger. Il est également célèbre pour ses prises de positions farouchement pacifistes, notamment durant la guerre d’Algérie, où il est né. Ce choix, à priori consensuel, connaît pourtant ses premières polémiques. «La nomination de Camus par Sarkozy est idiote et scandaleuse, juge sur le site du nouvelobs.com l’universitaire Jeanyves Guérin, sous la direction duquel vient d'être publié le Dictionnaire Albert Camus. La politique sarkozyste est anti-camusienne au possible, du bouclier fiscal aux copinages du Fouquet's, en passant par la fréquentation de tous les tyrans de la planète.» Finalement la contestation ne concerne pas le choix de l’écrivain mais celui qui l’a choisi.
 
Un choix stratégique?

Nicolas Sarkozy n’a pas l’habitude de faire étalage de son amour pour la culture. Après l’amoureux des Lettres François Mitterrand et l’amoureux des civilisations anciennes Jacques Chirac, l’actuel chef d’Etat apparaît comme un homme sans appétence particulière pour la culture. Admettre un écrivain au Panthéon pourrait donc rectifier cette image, qu’il cherche déjà à faire évoluer depuis plusieurs mois, souligne Gala. «Lui qui se vantait jadis de ne jamais lire, assure désormais à la presse que malgré la crise et un emploi du temps très chargé, il apprécie un roman pour se divertir». De son côté, Jean-Marie Le Pen penche pour une autre piste. «C'est un choix électoraliste. Celui d'un écrivain pied-noir à quatre mois des élections régionales où probablement la majorité va subir une lourde défaite, je crois que c'est assez évident», a-t-il affirmé vendredi à l'AFP. Enfin, le choix de l'auteur de L'étranger est également symbolique au moment où s'ouvre le débat sur l'identité nationale.
Sandrine Cochard
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