TRANSPORTS - Le maire (PS) de Strasbourg, Roland Ries a présenté ce vendredi matin les premiers axes d’un «code de la rue»...
En clair, un ensemble de mesures visant à améliorer les relations entre automobilistes, cyclistes et piétons et à favoriser les modes de déplacements doux au détriment de la voiture. Elles seront présentées le 27 novembre au comité technique national du code de la rue avant leur mise en place progressive dans la capitale alsacienne.
Plus de «zone 30» «Notre idée était de passer tout le ban de la ville à 30km/h, mais cela est impossible juridiquement», déplore Roland Ries. La municipalité va donc identifier d’ici à avril l’ensemble des axes non structurants dans la commune afin d’y limiter la vitesse à 30 km/h. Les opérations de marquage des limitations de vitesse devraient débuter au printemps.
Un déploiement des «zones de rencontre» Par décret du 30 juillet 2008, les villes peuvent limiter la vitesse à 20 km/h dans certains secteurs et y donner la priorité aux piétons, en ne les obligeant pas, entre autres, à marcher sur les trottoirs. Strasbourg va «tester ce dispositif», dit de rencontre, dans une partie du quartier de la Krutenau, ainsi que dans celui de la place Saint-Etienne. Dans ce dernier «c’est tout un quartier où la voirie sera indifférenciée», précise Roland Ries.
Encourager la marche à pied La municipalité planche sur la création d’une charte du piéton afin de briser les « obstacles » psychologiques et matériels qui s’opposent «à une utilisation plus large de la marche à pied». Roland Ries ambitionne de réaliser une «ville plus avenante aux piétons et de créer des circuits agréables» tout en sécurisant la pratique. Il envisage par exemple «une variation des feux tricolores en rapport avec les flux des piétons et des vélos» et non plus en fonction du trafic automobile.
Protéger les écoliers La municipalité PS-Vert va monter des groupes de travaux avec les parents d’élèves et les enseignants afin de trouver des solutions «pour apaiser de façon radicale la circulation devant les écoles». Les élus envisagent par exemple une «fermeture provisoire du trafic» ainsi qu’une limitation de la vitesse devant les établissements aux heures de rentrée et de sortie des enfants. Les mesures seront prises en fonction des caractéristiques de chaque école.
Des modes plus écologiques Dans le cadre de la création d’écoquartiers, la ville veut expérimenter des modes particuliers de déplacements et d’aménagements de l’espace public. Par exemple, le stationnement sera banni sur la voirie et exclusivement souterrain. Des «espaces indifférenciés» de circulation seront aussi créés à l’image des zones de rencontre, soit sans trottoir.
Une extension du «tourne à droite» Depuis un an et demi, à cinq carrefours de l'agglomération strasbourgeoise, les cyclistes sont autorisés à poursuivre leur chemin vers la droite même si le feu est rouge, à condition de laisser la priorité aux piétons. Baptisé «tourne à droite», le dispositif va être étendu à une dizaine de feux rouges dans un premier temps puis à terme à une trentaine. «J’espère qu’un jour la mesure sera intégré dans le code de la route», rêve Roland Ries. La ville réfléchit aussi à la création de «sas» pour les cyclistes.
Livrer les colis en triporteurs électriques Selon la municipalité alsacienne, une société de réinsertions professionnelle spécialisée dans la livraison de colis par triporteur électrique va s’implanter dans la ville en juin. Elle disposera d’environ 25 engins. Son principe : récupérer à l’entrée de la ville les colis (de moins de 30 kg) auprès des transporteurs et assurer leur livraison sur les «2 ou 3 derniers km». Le système vise à éviter, notamment, la présence de camions dans les artères de la capitale alsacienne.
Philippe Wendling