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Le président Ali Bongo reçu à l'élysée

Ali Bongo aété investi président du Gabon le 16 octobre à l'issue d'un scrutin contesté.
Ali Bongo aété investi président du Gabon le 16 octobre à l'issue d'un scrutin contesté./ W. Y. MANIENGUI / AFP

DIPLOMATIE - Le controversé de l'Etat gabonais déjeunera aujourd'hui avec Nicolas Sarkozy...

Le président gabonais, Ali Bongo, sera aujourd'hui en France pour son premier déplacement bilatéral hors de l'Afrique. Le fils de feu Omar Bongo, pilier de la Françafrique, déjeunera aujourd'hui avec Nicolas Sarkozy à l'Elysée.

Au menu: l'avenir des relations bilatérales, la politique de «l'émergence» que promeut Bongo, mais aussi les grands enjeux internationaux, dans la perspective du sommet de Copenhague et de la prochaine entrée du Gabon au Conseil de sécurité des Nations unies, en janvier 2010.

Investi président mi-octobre à l'issue d'un scrutin contesté, Ali Bongo arrivera de Londres, où il participait à une réunion sur la préservation des forêts tropicales. Sa visite en France s'inscrit dans un retour à la normale de la relation étroite qu'entretiennent Paris et Libreville, après quelques tensions depuis 2008.

L'opposition gabonaise en trouble-fête

Omar Bongo n'avait pas apprécié la plainte déposée à Paris contre lui et d'autres chefs d'Etat africains par des ONG les accusant d'avoir acquis des biens immobiliers avec de l'argent public détourné. La visite de son fils à Paris devrait toutefois se passer dans un climat apaisé, la justice française ayant finalement refusé, en appel, d'ouvrir une enquête sur cette affaire, il y a trois semaines.

L'opposition gabonaise, qui accuse la France d'avoir soutenu l'élection d'Ali Bongo, pourrait en revanche jouer les trouble-fête. Bruno Ben Moubamba, opposant et ex-candidat à la présidentielle, compte faire une déclaration aujourd'hui, à 11h, devant l'Elysée.

«Une preuve de mauvaise foi»

Mardi, il dénonçait la venue d'Ali Bongo à Paris comme «une honte pour le Gabon, mais surtout une preuve de mauvaise foi pour le pouvoir français et l'actuel locataire de l'Elysée». Au palais présidentiel, on souligne qu'«il est naturel que ce pays francophone ait gardé des liens» avec son ancienne colonie.

Selon Sylvain Touati, chercheur à l'Institut français des relations internationnales (Ifri), «taper sur la France est surtout un moyen pour l'opposition de contourner ses propres problèmes: elle n'arrive pas à se regrouper. Si elle veut jouer un rôle de contre-pouvoir à l'approche des élections législatives de 2011, elle va devoir se mettre en marche. D'autant que Bongo, qui a surpris en prenant des premières mesures populaires, est en train d'élargir son cercle d'influence». 

Faustine Vincent
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