Raymond Domenech: «On n'est pas des miraculés»

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Publié le 19 novembre 2009.

INTERVIEW - Le sélectionneur des Bleus ne souhaite pas s'étaler sur les faits de jeux, face à l'Irlande. Il ne retient que la qualification...

Pas vraiment pressé de répondre à la presse, à l’heure où tout le monde attend ses premiers mots, le sélectionneur des Bleus n’a pas changé ses habitudes pour la dernière conférence de presse de ces éliminatoires. Mystérieux, énigmatique, fuyant, et toujours enclin à répondre aux questions qui fâchent, Raymond Domenech avait deux envies mercredi soir. Savourer la qualification acquise face à l'Irlande, et s’en aller.
 
Vous avez vu la main de Thierry Henry sur le but. Ce n’est pas vraiment de cette manière que vous comptiez vous qualifier, non?
Je n’ai pas vu le, je n’ai rien vu du tout. Ce qui c’est passé, je ne le sais pas. Mais avant de commencer, je voudrais rendre hommage à cette équipe irlandaise, à leur public, à ce qu’ils ont fait sur les deux matchs. Je les félicite parce que c’était une belle bataille. Bravo à eux.
 
Vous considérez-vous comme des miraculés?
Après le match de la Serbie, quand on a un gardien qui se fait expulser, et qu’on fait 1-1, on ne demande pas si les Serbes sont des miraculés. Le football, c’est comme ça. Quand on fait le décompte sur une saison de ce qui arrive, pour les uns et pour les autres, c’est un peu la même chose. Nous, on reste dans l’émotion, on est ravis d’avoir une équipe solide, qui s’est battue jusqu’au bout. C’est le football, j’ai envie de dire merci à tout ceux qui ont soutenu l’équipe de France, ceux qui ont cru en elle. Je suis dans l’émotion.
 
Au delà de la qualification, vous ne pouvez pas être satisfait de la prestation de vos joueurs…
Ce soir je suis dans le bonheur. Cela fait deux ans qu’on galère, qu’on s’accroche. Il y a eu des matchs moins bien des matchs meilleurs. Des points perdus. Mon métier, c’est de qualifier, participer. C’est un moment d’émotion. On est qualifié pour la Coupe du monde. J’ai envie d’en profiter.
 
Même si vous n’avez pas vu la main, elle était réelle. Pour vous, la victoire est-elle moins belle?
Je répète ce que je viens de dire. Les péripéties des matchs s’accumulent. Nous en Serbie, quand on a un gardien expulsé alors qu’il n’y a rien, on ne m’a pas demandé si on est des miraculés de revenir à 1-1. Ce soir, on n’a pas eu une explosion de joie. Les joueurs l’ont bien senti. Par respect aux Irlandais.
 
Quel regard portez-vous sur le match?
Ce n’était pas un grand match. On passe à l’arrachée. Il a fallu se battre. On a souffert. Désolé, il y a avait onze Irlandais qui n’ont pas voulu qu’on gagne 3-0. Aujourd’hui, on a utilisé une quarantaine de joueurs. J’englobe tout le monde, le staff, les gens qui ont souffert et ceux qui sont heureux.
 
Avez-vous été surpris de l’amélioration du jeu des Irlandais?
Non, je savais qu’ils étaient capables de le faire. C’est sûr qu’en étant mené 1-0 ils allaient tout jeter dans la bataille. Cette capacité à aller de l’avant à être à la retombée du ballon, je savais qu’ils l’avaient.
 
Maintenant, on peut vous demander quelles sont les chances des Bleus en Coupe du monde?
Jusqu’à décembre, ne me parlez plus de rien, les projections, les explications. Ne me parlez pas de la coupe du monde.
 
Avec le match qu’a fait Hugo Lloris ce soir, la hiérarchie des gardiens est-elle établie aujourd’hui?
Oui, le numéro 1, aujourd’hui, c’était Hugo. Aujourd’hui, j’ai dit.
 
Si l’équipe de France avait été éliminée dans les mêmes conditions que l’Irlande, comment auriez-vous réagi?
Ce n’est pas le cas.
 
Pourquoi quittez-vous si tôt cette conférence?
Parce que j’ai autre chose à faire.
Propos recueillis par Romain Scotto
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