Hollywood chasse les pirates... jusque dans les cinémas français

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Publié le 18 novembre 2009.

CULTURE - Un multiplex du Cher est accusé par les studios américains d'avoir un spectateur pirate...

L’affaire a de quoi faire sourire. Ou faire peur, c’est selon. Les grands studios américains ont un cinéma du Vierzon, dans le Cher, dans le collimateur. Motif? Ils l’accusent d’«avoir eu comme spectateur un “pirate” qui a capté plusieurs films en salle, afin de les mettre en ligne», rapporte le site France2.fr, mercredi.
 
«Hacker»
 
L’histoire commence à l’été 2006, lorsque les studios remontent jusqu’au pseudo «THX Fuck». Le pseudo d’un un spectateur qui pirate régulièrement des films au Ciné Lumière, multiplex indépendant de 7 salles de cinéma. Les distributeurs des films peuvent en effet déterminer avec précision, grâce à un code inscrit sur chaque copie de film, dans quel cinéma celle-ci est projetée. Du coup, le directeur de la salle, Francis Fourneau, organise une surveillance, avec les moyens du bord. «Avant la loi Hadopi, nous ne pouvions pas intervenir même si nous voyions un spectateur filmer, explique-t-il à 20minutes.fr. Aujourd’hui, on peut demander l’aide des forces de l’ordre.»
 
Mais impossible de repérer le spectateur qui continue à narguer tout le monde en piratant plusieurs films (Le jour où la Terre s’est arrêtée, Yes Man, Che…). «Nous avons eu des doutes sur des spectateurs mais nous n’avons pas pu les confondre car nous ne disposons que du pseudonyme de THX Fuck», souligne Francis Fourneau. Si le pirate n’a jamais été coincé, il se fait néanmoins plus discret. «Je pense que cela lui a fait peur car on ne voit plus son nom associé à nos salles», se félicite Francis Fourneau.
 
Russie et Chine

 
Mais la vigilance reste de mise. «Nous faisons toujours attention les jours de grosse sortie, comme c’est le cas pour Twilight 2 par exemple, souligne le directeur du cinéma. Nous ne demandons pas l’ouverture systématique des sacs mais nous avons désormais recours aux lunettes à infrarouge, qui permettent de voir comme en plein jour les comportements suspects. Quant aux brouilleurs, ils altèrent la qualité de l’image mais n’empêchent pas de filmer.» Car la nouvelle hantise des exploitants sont les «caméras des téléphones portables, trop discrètes», selon Francis Fourneau.
 
L’histoire a inspiré un reportage d’Envoyé Spécial, consacré au piratage en salle de cinéma, diffusé jeudi, à 20h35. Les journalistes ont remonté cette filière qui coûterait 3,5 milliards de dollars par an de pertes à l’industrie cinématographique américaine. Première étape: la Russie où a été découvert, en avril 2003, le plus grand laboratoire clandestin de fabrication de DVD. Quelque 650.000 exemplaires en sortaient chaque mois. Mais c’est en Chine que l’activité est la plus florissante: elle composerait 95% du marché du DVD dans le pays.
S. C.
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