France-Irlande: ceux qui croisent les doigts un peu plus que les autres

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Publié le 16 novembre 2009.

FOOT - Certains ont misé gros sur la qualification des Bleus mercredi soir…

Depuis l’orgasme collectif de 1998, les Bleus savent bien que leur résultat sur le pré dépasse l’enjeu sportif. D’une certaine façon, l’équipe de France serait responsable d’une part du bonheur collectif de toute une nation. Ridicule? «Ce qu’on remarque, c’est que les Français sont un peuple plus sensible que les autres aux événements. Nous nous enthousiasmons très vite et nous nous inquiétons aussi rapidement», confirme Pascale Hébel, directrice du département consommation du Centre de recherche  pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC). Un enthousiasme ou un pessimisme qui influencent fortement la consommation des Français. A ce petit jeu, autant dire que certains redoutent plus que d’autres une élimination des Bleus mercredi soir…

 

Les marques de hi-fi
 

Nouvelle télés, enregistreurs numériques, home cinéma, les magasins de hi-fi sentent les ventes frétiller puis carrément exploser à l’approche d’une Coupe du monde… «C’est vrai qu’une grande compétition de sport est le seul événement où l’on remarque une hausse des ventes. Les gens se disent qu’ils vont avoir des bonnes occasions de regarder la télé pendant trois semaines. Et c’est d’autant plus sensible quand c’est lié à une innovation technologique», explique un responsable de chez Darty. On se souvient du boum des écrans plats à l’Euro 2008. «Difficile de chiffrer mais on remarque un + 10% par rapport à une année sans Coupe du monde. C’est un des secteurs les plus influencés», analyse Pascale Hébel.

 

 

Les brasseurs

C’est bien connu, un supporter de foot boit de la bière. Et il risque d’avoir le gosier sec si ses chers Bleus ne lui donnent pas l’occasion de se désaltérer. «En réalité, c’est très difficile à chiffrer. On sait que la météo influence beaucoup notre secteur. La consommation de bière augmente de 2% quand la température grimpe de 1 degré, décrypte Gérard Laloi, président de l'association des Brasseurs de France. Finalement 1998 était tout juste une bonne année car la suite de l’été avait été maussade. Mais en cette période de crise, une Coupe du monde ne peut pas nous faire du mal. Surtout que ces événements sportifs nous permettent de monter des opérations dans les bars.» Une aubaine pour ce secteur dont la publicité est fortement réglementée. «1998 avait eu un effet très fort sur le moral des Français. Cela avait relancé la consommation de nombreux secteurs», poursuit Pascale Hébel.

 

 

Les sponsors liés à l’équipe de France


La Fédération française de football a eu le nez creux. En renégociant en février 2008 (avant l’Euro catastrophique), le contrat de son sponsor maillot, elle s’est assuré un joli matelas financier qui n’est pas lié à une qualification à la Coupe du monde 2010. Son nouveau partenaire, Nike (sponsor maillot), va débourser 42, 6 millions annuel. En revanche, l’actuel sponsor maillot, Adidas devrait suivre avec attention le match de samedi.  Selon le magazine CB News, Adidas a écoulé plus 500.000 maillots en 2006, année de la finale des Bleus, contre 250.000 lors d’une année creuse. Au-delà des sponsors, les marketeurs de la FFF regarderont aussi avec attention le match de mercredi soir. Car, à long terme, et dans la perspective de nouvelles négociations, le prestige de l’équipe de France pourrait être terni par une élimination. Et les sponsors, qui lâchent actuellement 30 millions d’euros, par an seraient alors moins nombreux à se battre pour accompagner les Bleus.

 

 

Les médias et les journaux

 

C’est ce qu’on appellera, les charmes et les ambigüités du métier. Tout en critiquant Domenech et ses joueurs, les journalistes mais surtout les responsables financiers des médias savent qu’ils jouent gros mercredi soir. Sans compter les frais de production, TF1 a investi 120 millions d’euros pour s’accaparer les droits de diffusion de la phase finale. Bleus en finale ou pas, cette somme ne sera de toute façon pas remboursée par la vente d’écrans de pub. Le combat est ailleurs. «Si la France ne se qualifie pas, ce ne sera pas un accident industriel car cette première Coupe du monde en Afrique est un événement en soi. Une Coupe du monde fait rayonner l’image de la marque. On avait acheté les droits de cette Coupe du monde sans savoir si les Bleus y seraient», explique Frédéric Ivernel, responsable de la communication de TF1. Dans les couloirs de la première chaîne, on ne nie pas que la présence des Bleus est fortement désirée et que leur absence modifierait tout le dispositif. «On doit diffuser au minimum 22 matchs. C’est tout ce qui nous est imposé.»

 

Même son de cloche dans les quotidiens de presse écrite. «Nous, on n’a pas besoin de dépenser des dizaines de millions d’euros pour couvrir l’événement mais c’est vrai que cela peut participer à relancer le marché de la pub», explique un responsable de l’Equipe dont les ventes sont forcément meilleures lorsque les Bleus font l’actu. En espérant que Henry et ses collègues auront compris…

M. Go.
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