PORTRAIT - Entre sa carrière précoce et sa passion pour les bolides, l'acteur a toujours aimé aller vite...
La vitesse aura été le fil conducteur de la courte vie de Jocelyn Quivrin,
décédé en région parisienne dimanche soir, à 30 ans. Né le 14 février 1979, l’acteur débute sa carrière à 13 ans, dans
Louis, enfant roi de Roger Planchon, en sélection officielle au Festival de Cannes en 1993. «Je ne peux pas revoir ce film sans être ému car c’est avec lui que j’ai découvert le cinéma», rappelle Jocelyn Quivrin. Il retrouve d’ailleurs le réalisateur – «une figure presque paternelle» pour l’acteur - dans Lautrec, en 1998.
Ascension
Un bac plus tard, obtenu au lycée Hector Berlioz de Vincennes où il manie déjà la caméra, le voici qui enchaîne avec des études de cinéma qu’il délaisse rapidement pour se consacrer à sa carrière, qui oscille entre cinéma et télévision. Il avait notamment enchaîné les petits rôles dans une vingtaine de téléfilms en dix ans, apparaissant aussi dans les séries «Julie Lescaut», «L'instit» ou «Maigret». On le remarque dans le clip «Emma», du groupe Matmatah, et dans le film
Peut-être, de Cédric Klapisch, en 1999, son sixième long-métrage. Il est encore loin du rôle de sa vie mais il est sur le point d’exploser.
La consécration arrive deux ans plus tard. Alors âgé de 22 ans, il tient le rôle-titre du téléfilm
Rastignac ou les ambitieux, réalisé par Alain Tasma et diffusé sur France 2 en 2001. Son interprétation flamboyante de ce jeune ambitieux balzacien lui vaut le prix d'interprétation masculine au Festival de Luchon. Jocelyn Quivrin est lancé.
Cantona, Clooney, Reno…
Après une parenthèse au théâtre – il joue dans la pièce d'Oscar Wilde
L'éventail de Lady Wintermere en 2003 – l’acteur retrouve le chemin des plateaux et tourne désormais dans de grosses productions. Il croise Eric Cantona dans
L’outremangeur en 2003, Jean Reno dans
L’empire des loups en 2005 ou encore George Clooney dans
Syriana, la même année.
Cette époque est un tournant dans la vie de Jocelyn Quivrin puisque c’est à ce moment qu’il rencontre sa compagne Alice Taglioni, également la mère de son fils Charlie né le 18 mars dernier, sur le tournage du film
Grande école, de Robert Salis, en 2004. Ils tourneront encore deux films ensemble (
Cash et
Notre univers impitoyable en 2008). Un couple où passion rimait avec admiration mutuelle et complicité.
Malgré sa filmographie croissante, Jocelyn Quivrin fait encore figure de jeune premier. «Je suis un jeune vieil acteur», s’amusait-il à dire dans une interview réalisée par Vincennes TV alors qu’il avait 29 ans.
L'acteur semble en effet abonné aux éternels seconds rôles, notamment dans ses derniers succès commerciaux comme le film de Jan Kounen
99 Francs (2007) et, plus récemment, celui de Lisa Azuelos
Lol (2009).
Ce manque de reconnaissance, l'acteur veut la dépasser en se mettant lui-même en scène. Il planchait actuellement sur un scénario qu’il avait écrit avec les frères Altmayer (Mandarin cinéma) et devait entrer en préparation du film «à la fin de l’année, si tout va bien», confiait-il encore à Vincennes TV, en février dernier.
Passionné d’automobile
La vitesse, l’acteur aime aussi la retrouver sur la route. Passionné de belles autos et motard à ses heures, Jocelyn Quivrin est aussi partant pour essayer de nouveaux bolides, comme le nouveau coupé cabriolet Ferrari pour
Paris Match. «J’éprouve une véritable fascination pour les voitures de sport en général, et les Ferrari en particulier», confiait-il au magazine, en août dernier.
Une passion née dans son enfance, un jour où un ami de son père lui fait faire un tour de Testarossa. «J’avais 4 ans. J’étais encore tout petit. Je ne voyais même pas la route, mais ce fut un moment inoubliable avec des sensations complètement incroyables. Un mélange d’excitation et de peur, explique-t-il encore à Paris Match. Depuis, la passion ne m’a jamais quitté.» Il a à peine 20 ans lorsqu’il s’offre une vieille Porsche cabriolet. Suivront une Viper et l’Ariel Atom, cette puissante biplace à la carrosserie ouverte au volant de laquelle l’acteur a perdu la vie, dimanche soir.
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