Le nom de ce collectif lyonnais créé en 1997 annonce la couleur. Si Le Peuple de l'herbe est plus adepte de la marie-jeanne que du gazon, il est bien loin de se restreindre au credo drum'n'bass enfumé. Psychostick, DJ Pee, N'Zeng et l'Anglais de la bande, JC 001, sont avant tout des provocateurs énergiques et brillants. Leur cinquième album Tilt explore un terrain qui leur était jusqu'alors peu familier : le rock. Ces quatre bricolos des samples pouvaient déjà apparaître dans la plupart des rayons des disquaires tant leur musique brasse les genres : dub, jazz, électro, hip-hop, groove...
Passionnés de sons, ils expliquent leur virage rock'n'rollesque : « On ne veut pas s'enfermer dans un style particulier. Avec Tilt, on a voulu s'exprimer de façon plus ludique et légère. » C'est réussi grâce aux mélodies accrocheuses et orchestrées de Heart&Soul ou Supra Breakin'. C'est en revanche raté sur d'autres titres aux atmosphères impersonnelles, comme Brick by Brick. Sorte de BO imaginaire d'un James Bond bien dark, Tilt a été pour le groupe l'occasion d'expériences nouvelles. « En plus des prises de basses et de batterie, on a beaucoup d'invités cuivres. On a voulu équilibrer machines et instruments classiques jusqu'à les confondre. » On attend de voir ce que donneront ces nouveaux sons sur scène, là où s'exprime tout le talent de ce groupe atypique. W
C. M.