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Ségolène Royal a commencé à distribuer ses «chèques contraception»

Segolène Royal le 2 octobre 2009
Segolène Royal le 2 octobre 2009/REUTERS

SANTE - Pourtant, Luc Chatel n'est pas d'accord...

Ségolène Royal persiste et signe. Comme elle l'a annoncé, une centaine de lycées de la région Poitou-Charentes recevront dès lundi ses chèques contraception, malgré l'avis contraire émis par Luc Chatel, qui a estimé que «l'éducation n'a pas à se substituer au planning familial, seul autorisé à prescrire des contraceptifs à un enfant mineur».

«Je le mets au défi d'interdire», a lancé l'ancienne candidate à la présidentielle à l'adresse du ministre. Cette action est préparée depuis trois ans et a l'accord de tous les partenaires», a justifié la présidente de la région ce vendredi lors d'une conférence de presse au conseil régional.

Accueil favorable de la FCPE

Symboliquement, Ségolène Royal a remis en personne le premier colis à un lycée professionnel de Poitiers. Le paquet, comme les 1.400 qui seront envoyés au total, contenait un «pass contraception» qui se présente comme un carnet de chèques restaurant et comprend des tickets pour une visite chez un médecin et chez un gynécologue ainsi qu'un bon d'échange en pharmacie pour un moyen contraceptif.

«La détresse et le drame humain que représentent les avortements sur les jeunes filles méritent une action courageuse», a soutenu Ségolène Royal devant la presse. Son initiative a été bien accueillie tant par les lycéennes présentes que les différents acteurs de la vie scolaire. La Fédération des parents d'élèves (FCPE) de la Vienne s'est en effet dite «favorable» au projet qui «associe l'enfant aux décisions».

Pas question de «se substituer au rôle parental»

Isabelle Duponteil, infirmière scolaire dans un lycée de Poitiers, voit quant à elle le pass comme «un outil supplémentaire pour lutter contre les grossesses précoces et non désirées». Pour cette responsable syndicale au SNICS-FSU, «il n'est pas question d'encourager la contraception, ni de se substituer au rôle parental, mais de répondre à des situations ponctuelles».

Reste à savoir ce que feront les infirmières scolaires de cet outil qui «permet d'apporter des solutions mais n'a pas l'aval de la hiérarchie», a pondéré l'infirmière. De son côté, Ségolène Royal espère pourtant que le pass sera «généralisé sur tout le territoire national», en faisant valoir qu'il y a chaque année en France, 10.000 grossesses précoces chez les jeunes filles de moins de 17 ans.
J. M. avec agence
Prix

Le «pass contraception» a une valeur totale de 144 euros. L'opération représente un coût de 400.000 euros pour la région Poitou-Charente.
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