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« Le négoce bordelais est en train de réagir »

Les prix des bordeaux s'effondrent aux Etats-Unis, suite au retrait du principal importateur, Diageo Chateau & Estate Wines. Comment expliquer cette décision ?

Les prix des bordeaux s'effondrent aux Etats-Unis, suite au retrait du principal importateur, Diageo Chateau & Estate Wines. Comment expliquer cette décision ?

Georges Haushalter : Chateau & Estate a décidé d'arrêter les grands crus de Bordeaux il y a six mois. Sur ce marché, la concurrence est très forte, car les contrats d'exclusivité n'existent pas. Premier importateur aux Etats-Unis, Chateau & Estate est aussi très cher, car il fournit à ses clients [distributeurs et détaillants] une prestation logistique, moyennant une belle marge. Or, depuis cinq à six ans, ses clients court-circuitent le système en passant par ses propres fournisseurs, par exemple les châteaux.

N'y a-t-il pas un risque pour les bordeaux d'être moins présents sur le marché américain ?

Nos vins risquent d'être rayés de la carte de certains restaurateurs - ceux qui importaient de faibles volumes par Chateau & Estate - faute d'avoir les moyens d'acheter eux-mêmes leurs grands crus. Mais le négoce bordelais est en train de réagir et nous leur proposerons des offres compétitives. Les Etats-Unis restent notre deuxième marché après le Royaume-Uni, malgré une chute de 26 % des volumes exportés entre août 2008 et juillet 2009.

Chateau & Estate est en train de déstocker, faisant chuter les prix. Est-ce inquiétant ?

Jusqu'en 2008, cet importateur a acheté énormément de grands crus. Mais depuis un an, la demande est en baisse, ce qui l'oblige à casser les prix pour s'en débarrasser. Tant que Chateau & Estate aura du stock, jusqu'en juin 2010 selon ses prévisions, ce sera difficile pour nous de vendre des millésimes anciens...

Les prix des grands crus n'étaient-ils pas trop élevés ?

C'est possible... Mais à Bordeaux, c'est l'offre et la demande qui fixent les prix. Etant donné que l'offre dépend des récoltes, cela donne des prix en montagnes russes. En 2007 et 2008, la demande était énorme, car tout le monde voulait du 2005, millésime exceptionnel, dont les prix ont atteint des records. Depuis un an, la conjoncture a changé, avec l'apparition d'une forte autocensure sur la consommation des produits de grand luxe. Les prix vont sans doute continuer à baisser. Néanmoins, le millésime 2009, qui devrait être comparable au 2005, est très attendu outre-Atlantique. W

Recueilli par Marion Guillot
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