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Au fur et à mesure des évolutions technologiques, le PC est devenu l’élément-central d’un bateau de course. Cap, vitesse du vent, du bateau, réglages du pilote automatique, fichiers météo plus de 100 paramètres sont analysés 25 fois par seconde par le PC et enregistrés sur un disque dur. Au retour de son Vendée Globe, Roland Jourdain a ainsi ramené entre 10 et 15 giga-octets de mesures. Un océan de chiffres… «Ca a complètement changé notre manière de naviguer. On a pris la foudre une nuit lors de notre Tour de l’Europe. Sans données, on s’est aperçu qu’on était un peu largués par rapport aux autres. Il nous a fallu réapprendre à naviguer », témoigne ainsi notre blogueur Kito de Pavant, skipper de Bel qui fera équipe dimanche avec un jeune figariste, François Gabart. Une différence d’âge d’ailleurs pas forcément inintéressante. «François est plus à l’aise avec un clavier qu’avec un stylo. C’est lui qui fera les premières analyses. Et moi qui prendrait la décision en cas de désaccord.»
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Des nouvelles formes de skippers
Avec cette intrusion de l’électronique, le talent d’un skipper ne se mesure plus forcément à sa capacité à mener un bateau mais aussi à décrypter une situation en utilisant au mieux les données électroniques. Exemple: le paramétrage du pilote automatique qui dirige le bateau en analysant le vent. Un petit concentré de complexité. «Le pilote automatique est un chantier perpétuel. Celui-ci, ça fait deux ans que je l’ai à bord et je suis encore en train de modifier des réglages», explique Roland Jourdain penché sur l’appareil. Au retour de son Vendée Globe, Michel Desjoyeaux avait ainsi expliqué avoir passé des journées entières à régler son pilote automatique. Une des clés de sa victoire.
Idem pour les logiciels de navigation. Sur l’écran de leur ordinateur relié à internet, les skippers voient leur bateau évoluer sur une carte électronique qui affiche des dizaines de paramètres (météo à venir, courants, vitesse du vent, positions des autres bateaux…). De quoi transformer une transat en partie d’échec océanique. A trois jours du départ de la Transat, les logiciels d’analyse météo tournent déjà. «On sait à peu près comment ça va se passer pendant les deux premiers jours. Après c’est un peu plus flou. De toute façon, même avec toute cette électronique, il y aura toujours une part d’intuition», conclut Kito de Pavant.