FOOTBALL - Le sélectionneur de l'équipe de France aborde les barrages face à l'Irlande sans plus de pression que d'habitude...
Même s'il se présente à la fédération pour dévoiler sa liste, pour la double confrontation de novembre face à l'Irlande, Raymond Domenech n'est pas là pour justifier ses choix. En polo noir déboutonné, le sélectionneur de l'équipe de France n'a pas souhaité donner plus d'importance à ces barrages qu'à un autre rendez-vous. Depuis cinq ans qu'il dirige les Bleus, Raymond en a vu d'autres.
Vous allez rencontrer des Irlandais mais aussi un Italien à leur tête. Y a t-il chez vous un sentiment de revanche, par rapport à la finale de la coupe du monde 2006?
Pas du tout. Sur le terrain, il y a un premier match, Irlande-France et un deuxième France-Irlande. Il y aura onze joueurs des deux cotés. Les entraineurs n'ont jamais fait les matchs. Ce n'est pas un combat de boxe. C'est marrant parce que j'étais à Milan avant-hier. Il y avait Lippi et Trappatoni. J'ai demandé des infos à Lippi sur cette équipe d'Irlande (qu'il a affronté avec l'Italie ces derniers mois) mais il n'a pas voulu m'en donner. Il ne voulait pas que Trappatoni entende.
Quand vous avez établi cette liste, avez-vous pensé que ce pouvait être la dernière?
Non jamais. Je travaille au présent. Et le présent, c'est les deux matchs. Je répète la même chose depuis cinq ans. Je me dis à chaque fois que c'est la dernière, mais j'avance. C'est écrit quelque part. Mon seul travail, c'est de m'occuper des deux matchs à venir.
Les performances récentes en club de Vieira n'étaient-elle pas suffisantes?
Ça n'a pas été facile. Je suis heureux qu'il revienne au plus haut niveau. On a pesé le pour et le contre ce matin. C'est un ensemble de choses qui fait que... Et voilà.
Un mot sur cette équipe d'Irlande...
On les connait leur caractéristiques. Ce sont tous des joueurs de haut niveau. Avec un état d'esprit particulier. Il y a trois ans en qualifications de la Coupe du monde, il y avait autant d'ambiance à l'extérieur que d'intensité sur le terrain. C'est une équipe solide qui a aussi l'envie d'aller à la Coupe du monde.
Les menaces de suspension des défenseurs ont-elles pesé dans vos choix?
On a été obligé de doubler les postes. C'est une évidence. Pour la défense, on a aussi les milieux qui peuvent proposer une solution. On a essayé d'en tenir compte. C'est une liste qui ressemble aux autres, avec deux joueurs par poste.
Qu'est ce qui a fait la différence entre un Aly Cissokho et un Benoît Tremoulinas à gauche?
L'ordre alphabétique. Non je dis une bêtise. Ils jouent à très haut niveau tous les deux. Ils sont assez près l'un de l'autre. L'un a peut-être un peu plus d'expérience sur les matchs internationaux. Au départ, il est là pour pallier l'absence de Gaël Clichy.
Et entre Gomis et Rémy?
C'est un équilibre des postes. Il y a des joueurs d'axe et des joueurs de côté.
Le retour de Gourcuff signifie-t-il le retour au 4-2-3-1?
Je ne suis pas figé sur un système. Ce sont les hommes qui font le système. Si les hommes sont là pour jouer dans un système on l'appliquera. Si c'est un autre, on en appliquera un autre. Les joueurs savent s'adapter.
Quel rôle les Bleus ont-ils à jouer dans le débat sur l'identité nationale?
On ne joue pas un rôle. Ils sont joueurs de foot. Etre sélectionné en équipe de France, ça représente quelque chose. C'est plus que jouer entre copains. C'est naturel, ce n'est pas un rôle. Que ceux qui ont envie de participer à ça participent, je ne juge pas.
Allez-vous prendre en compte des caractéristiques physiques pour établir votre équipe. Notamment pour pallier la différence de taille sur le terrain?
Une fois j'ai dit qu'on était trop petits et qu'il fallait qu'on joue avec un escabeau. Ça avait été mal pris. S'ils ont des joueurs de 2m et qu'on ne les a pas, on fait avec ce qu'on a. S'il n'y a que la taille qui entre en compte, on joue avec des basketteurs. Heureusement, il ya d'autres éléments.
Quel pourcentage de chance accordez-vous à l'équipe de France pour se qualifier?
Pour les pourcentages, j'ai fait un bac philo, pas maths. Je reste sur les interprétations, pas les calculs.
Propos recueillis par R.S.