Un petit matin calme à quelques milles de Port-la-Forêt (Finistère), Jojo est plus agité que le vent. «Yes, yes, yes. Après la boite qu'on lui a mise hier plus ce départ, je ne suis pas sûr que Dej' reparte en forme de ce stage.» Dej', c'est Michel Desjoyaux, double vainqueur du Vendée Globe et bien pris sur la ligne de départ de cette simple régate d'entraînement par BT, le 60 pieds (18,28 m) de Sébastien Josse, dit Jojo. «Ma journée est déjà réussie», se marre le skipper originaire de Seine-et-Marne (77) et évidemment breton d'adoption.
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L'obsession Desjoyeaux
Dimanche, à 14h30, Josse s'élancera avec son coéquipier Jean-François Cuzon, pour un sprint de 4.730 milles à travers l'Atlantique qui mettra aux prises 14 bateaux. Et sur cette transat Jacques-Vabre, comme sur une autre course, ils n'auront tous qu'une obsession: battre Michel Desjoyeaux, vainqueur de cette transatlantique il y a deux ans et insolent de facilité lors du dernier Vendée Globe pendant lequel il avait croqué tous ses adversaires, trop prudents à son goût.
A l'approche des Glénans, Josse et Cuzon s'activent aux réglages. «Pas besoin de nous filer un coup de main, il faut qu'on se prépare à deux», glisse dans un souffle Cuzon envoyé à l'avant pour préparer les grandes voiles. Quelques centaines de mètres plus loin, Josse tire la gueule. Le vent qui vient de la terre a décidé de jouer avec les nerfs des cinq équipages. Et l'air de rien, sans chambrer, Michel Desjoyeaux tire son épingle du jeu et prend les commandes de la flotte.