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Ligue1: Quand des joueurs au parcours improbable crèvent l'écran

Le Toulousain Danny Nounkeu (à gauche) à la lutte avec l'attaquant de l'OM Mamadou Niang
Le Toulousain Danny Nounkeu (à gauche) à la lutte avec l'attaquant de l'OM Mamadou Niang/TSCHAEN/SIPA

FOOT - A l'image de Franck Ribéry...

Samedi dernier au Vélodrome, les supporters marseillais ont dû se demander qui peut bien être ce stoppeur toulousain impérial en un contre un face à Mamadou Niang. La réponse: Danny Nounkeu. Dégotté l’été dernier à Pau en CFA (équivalent de la 4e division), le Camerounais détonne et profite des blessures pour gagner sa place au soleil au sein de l’effectif toulousain. Toutes proportions gardées, sa trajectoire renvoie à celle de Franck Ribéry. Viré du centre de formation de Lille, la star du Bayern a écumé les terrains de National (à Alès puis à Brest) avant de séduire des recruteurs messins. La suite, on l’a connaît.

L’école de la seconde chance

A 23 ans, Nounkeu a aussi connu son lot de galère. Stagiaire recalé à Metz, égaré à Amnéville en CFA2, il a ironie du destin vu Toulouse lui claquer la porte à la figure après un premier essai non concluant en 2005. Quatre ans plus tard, le défenseur tape dans l’œil de Dominique Arribagé, un des recruteurs du club. «J’étais venu voir un autre joueur et c’est Danny que j’ai repéré, c’est une situation assez fréquente», avoue l’ancien capitaine toulousain.

Le Toulousain n’a rien d’un cas isolé. D’Adil Rami footballeur et jardinier à Fréjus en CFA avant de signer à Lille au Montpelliérain Alberto Costa repéré à Sète après des débuts français en Guadeloupe en passant par les Boulonnais Thil et  Lecointe, la Ligue 1 cultive son tropisme d’école de la seconde chance. Les clubs n’hésitent pas à sonder les championnats de National ou CFA à la recherche du gros poisson passé entre les mailles des filets des centres de formation. Personne n’a envie de rater un futur Aly Cissokho. Déniché à Gueugnon (National) par la Vitoria Sétubal avant de passer par Porto, le latéral lyonnais a échappé au réseau de renseignements des clubs de L1.

«C’est à lui de gagner sa croûte»

Le cas Cissokho prouve qu’il n’existe pas un ciblage particulier des divisions inférieures comme l’explique Dominique Arribagé. «Le gros de mon travail reste de suivre les différents championnats européens. Pour le National ou le CFA, il s’agit surtout de personnes qui nous disent d’aller surveiller tel ou tel joueur. Ces garçons ont autant de qualités que ceux issus des centres de formation. Souvent, ils ont eu moins de chance ou une maturité plus tardive», résume le «scout» du TFC.

Ce recrues anonymes du début de saison n’arrivent pas en terrain conquis et débutent au bas de la grille salariale. «Quand on prend un joueur de CFA, on a toujours des réserves sur capacité à se hisser au niveau de la L1. C’est à lui de gagner sa croûte et nous prouver qu’il a le niveau», prévient Arribagé. S’il continue sur sa lancée, Danny Nounkeu va pouvoir mettre un peu de caviar sur sa croûte après avoir renégociation de son contrat bien sûr. 
Alexandre Pedro
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