Le marché de la musique s'enfonce encore

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Publié le 3 novembre 2009.

MUSIQUE - Les recettes des ventes numériques ne compensent toujours pas la chute des ventes physiques...

La chute est moins dure que prévue mais fait tout de même mal. Selon des chiffres fournis mardi par le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep), le marché de la musique en France est toujours en baisse: - 9,3% sur les neuf premiers mois de l’année 2009. Soit un manque à gagner de 35,6 millions d’euros par rapport à 2008.
 
Deux tendances

 
Les chiffres de cette année révèlent deux tendances: le ralentissement de la chute du marché physique (-11,4% contre 19,6% en 2008) et la stagnation du marché numérique, avec une hausse de 3,5% seulement, contre +52% sur les neuf premiers mois de 2008.
 
Sur le marché physique, qui totalise 291,7 millions d'euros, c'est la production locale qui souffre le plus. La variété francophone chute de 21%, tandis que le répertoire classique baisse de 11% et que la variété internationale progresse de 5,6%. La variété francophone représente désormais 53% des ventes, contre 63% il y a deux ans. Cependant, «il faut rester prudent et attendre le dernier trimestre», beaucoup de sorties francophones ayant été reculées au quatrième trimestre cette année, a précisé mardi le directeur général du Snep, David El Sayegh (>> Lire son interview en cliquant ici).
 
Le numérique mitigé
 
Le marché numérique est toujours loin de compenser les pertes du marché physique. Sur les neuf premiers mois de l’année, il cumule 55,3 millions d'euros de revenus, soit près du sixième des recettes du marché physique. En trois ans, le numérique a tout de même réalisé un bond de 72,7% (par rapport à 2006).
 
Ce marché combine en fait trois sources de revenus: celles du téléchargement légal par Internet (qui représente 49% du marché du numérique), par le mobile (26%) et celles du streaming (25%), qui représente d’ailleurs un sérieux enjeu sur le Net actuellement.
 
Les revenus issus des téléchargements Internet ont progressé de 47% (27 millions d'euros), tant grâce à la hausse des ventes d'albums que de titres à l'unité. Les ventes sous formes d'abonnement ont chuté de 20% à 7 millions d'euros, tandis que les revenus du streaming (écoute de musique en ligne sans téléchargement) ont été multipliés par trois, à 6,8 millions d'euros.
 
En revanche, les ventes via la téléphonie mobile s'effondrent de 39%, à 14,4 millions d'euros. Mais ce chiffre ne prend pas en compte les ventes effectuées sur des iPhones (Apple), qui sont comptabilisées dans les téléchargements internet via iTunes. Le Snep reste pourtant confiant sur la capacité du numérique à générer des richesses. «Aux Etats-Unis, le marché a atteint son point de bascule, selon David El Sayegh. Le marché du numérique représente désormais 49% du marché musical là-bas. Ce n’est qu’une question de temps avant que cette tendance gagne la France.»
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