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Chirac devant les juges: Nicolas Sarkozy «ne peut faire aucun commentaire»

POLITIQUE - Les réactions au renvoi de Chirac devant les juges...

Nicolas Sarkozy. Le président français a déclaré vendredi qu'il ne pouvait «faire aucun commentaire» sur le renvoi de Jacques Chirac en correctionnelle, en raison du «principe de la séparation des pouvoirs».

Olivier Besancenot (NPA). Le leader du NPA dit attendre que «le procès de Jacques Chirac ne soit pas uniquement le procès de "Supermenteur" (la marionnette de l'ex-président dans les Guignols, ndlr) mais aussi le procès de l'immunité présidentielle». Selon lui, la décision «donne l'espoir que le scandale des emplois fictifs puisse enfin aboutir» et «l'espoir d'une première brèche du système de l'immunité présidentielle». Il faut que les présidents de la République, «que ce soit Jacques Chirac ou l'actuel président (Nicolas Sarkozy)», puissent être «jugés en temps et en heure, comme tout un chacun».

Jean-Pierre Grand, député UMP (villepiniste): «Je ressens comme un acharnement malsain. C'est d'ailleurs ce que me disent les gens dans ma ville. Jacques Chirac ne mérite pas ça. Au départ, on lui reprochait quelque 500 emplois fictifs, maintenant plus que 21 et on le renvoie en justice... A l'arrivée qu'est-ce qui restera? Zéro emploi? En tout cas, on aura usé physiquement et moralement un homme pendant des mois et des mois».

Jean-François Lamour, député UMP, ancien ministre de Jacques Chirac: «A titre personnel, j'aurais préféré que le président Chirac soit à l'écart de tout cela. L'acharnement n'est jamais souhaitable. Il faut que chacun aborde ce dossier avec sérénité. Mais Jacques Chirac démontrera que, pour chacun des éléments du dossier, il a des réponses à apporter. Je remarque qu'il y a débat au sein même de la justice sur ce dossier...»

André Vallini, député PS, ancien président de la commission Outreau: «Si la justice doit être égale pour tous, elle doit aussi avoir un sens. Et pour avoir un sens, elle ne doit pas passer trop tard», a déclaré le député de l'Isère dans un communiqué.

Benoît Hamon, porte-parole du PS.
«Cette décision rappelle l'importance de conserver une juge d'instruction indépendant». La suppression du juge d'instruction est un des points clés de la réforme de la procédure pénale, qui doit faire l'objet d'un projet de loi d'ici l'été 2010. «Quand il n'y aura plus de juge d'instruction, est-ce qu'on pourra voir ces affaires jugées?, a-t-il demandé. Et qui met en place cette réforme, c'est Nicolas Sarkozy? Il n'y a aucun hasard!», assure le responsable socialiste qui déplore que «cette affaire soit jugée si tard» du fait de l'immunité pénale dont bénéficie le chef de l'Etat durant son mandat.

Henri Cuq, député UMP des Yvelines.
Selon cet élu estampillé chiraquien, l'ancien président «avait le droit de vivre en paix». «Je regrette profondément cette décision parce que je considère qu'aujourd'hui Jacques Chirac avait le droit de vivre en paix», a déclaré Henri Cuq sur RTL.

>> Les affaires où Jacques Chirac a été mis en cause

Parti socialiste: Il est «légitime que la justice puisse s’appliquer à tous de la même manière».
Le parti socialiste a réagi par la voix de sa secrétaire nationale à la justice, Marie-Pierre de la Gontrie. Elle note que «les faits concernés sont anciens, notamment du fait du régime de la responsabilité pénale du Chef de l’Etat empêchant toute poursuite dans le cours de son mandat». Elle ajoute qu'il «il est légitime que la justice puisse s’appliquer à tous de la même manière, pour «établir les responsabilités de chacun».

Dominique Paillé.
«Jacques Chirac est un personnage que les Français aiment bien. Il est dommage qu'en sa fin de carrière personnelle, il soit renvoyé en correctionnelle», a déclaré le porte-parole adjoint de l'UMP sur France Info. «Simplement, on peut regretter cette issue».
Dominique Paillé s'est dit «surpris dans la mesure où cela ne correspondait pas aux réquisitions». Toutefois, a-t-il souligné, «il est tout à fait logique que la justice fasse son oeuvre, nous sommes dans un pays démocratique et de droit».

Ségolène Royal. «Ce sont des affaires très anciennes. Jacques Chirac sans doute a beaucoup de choses à se reprocher si la justice le poursuit. Mais en même temps, il a aussi donné beaucoup au pays. Aujourd’hui, c’est un homme qui mérite d’être tranquille. Et en même temps, il faut que la justice soit la même pour tous»a-t-elle estimé sur Europe 1.

Xavier Bertrand. Selon le secrétaire général de l'UMP, «le parquet a dit qu'il n'y avait pas lieu selon lui de renvoyer. Ce n'est pas une affaire qu'on découvre aujourd'hui», a-t-il expliqué sur RTL avant l'annonce du renvoi de Jacques Chirac devant la justice. «Comme il y a déjà eu des jugements, en ce qui me concerne, même si vous savez que normalement on a pas à prendre part dans un dossier comme celui-ci, je pense qu'il n'est pas utile de revenir encore et encore en arrière».
E. J. avec agence
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