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Le déménagement du
Musée de l’Homme à Paris (16è) se poursuit. Avant d’entrer dans une importante phase de travaux en 2010, le musée du Trocadéro doit déplacer ses 500.000 pièces de collection dans des bâtiments provisoires au Jardin des Plantes (5è).
Parmi elles, deux joyaux: le crâne de
René Descartes, et celui de
Cro-Magnon. Deux pièces qui ont, elles, pris l’avion ce jeudi pour Québec, où elles enrichiront l’exposition
«Copyright humain» qui débutera fin novembre, jusqu’en mars.
Qui autorise la sortie du territoire de ces deux pièces?
Deux acteurs: le musée qui les détient et le ministère de la Culture. Dans ce cas, c’est au Museum national d’Histoire naturelle, l’établissement d’Etat qui gère le Musée de l’Homme, de se prononcer pour ou contre le prêt de ce type d’objets. Mais les crânes de Descartes et de Cro-Magnon étant considérés comme «trésors nationaux», le ministère de la Culture doit en plus donner une autorisation temporaire de sortie.
Le Museum étudie «l’intérêt pédagogique de la manifestation» avant de donner son accord, explique Anne Nivart, du Museum. «Par exemple, nous refusons systématiquement les demandes pour des décors de pièces de théâtre» poursuit-elle. «Nous sommes très sélectifs, car il est évident que ces pièces sont plus en sécurité dans nos armoires, et nos chercheurs peuvent avoir besoin de les étudier».
Comment assurer leur sécurité?
C'est tout l'enjeu du transfert. Cela fait six mois que les équipes du Musée de l’Homme et du Musée de la Civilisation de Montréal sont en contact étroit. «Ce que nous craignons le plus c’est le vol, nous étudions donc attentivement les systèmes de sécurité des vitrines d’exposition. Il existe des trafics de vestiges humains, il faut donc faire très attention.
Même si dans la réalité ce type de voleurs va plutôt se servir directement sur les sites de fouilles anthropologiques, moins dans les musées.» Le prix de ces deux crânes est tenu «top secret». «Tout ce que je peux dire c’est que nous les avons estimés à la même valeur.»
Comment les transporter?
Avec des boîtes prévues à cet effet. L’un est vieux de plusieurs dizaines de milliers d’années, l’autre de trois siècles et demi, bref «ils ne datent pas d’hier», résume Philippe Mennecier, responsable de la conservation des collections anthropologiques au Musée de l’Homme.
Une équipe de déménageurs spécialisés a conçu des boîtes spéciales pour le transport. Celui-ci est assuré par du personnel technique du Museum. «Il faut savoir manipuler de tels objets».
Qui les assure?
Le destinataire des oeuvres. L'assurance est toujours à la charge de l’établissement demandeur. «En l’occurrence il s’agit de l’Etat du Québec», qui prend donc tous les frais de transport à sa charge.
Mickaël Bosredon