Fréjus: La famille de la victime conteste la thèse de l'accident
Créé le 26.10.09 à 07h39
Mis à jour le 26.10.09 à 19h52
FAIT DIVERS - Les proches du jeune homme appellent au calme après que des incidents ont eu lieu...
Pas de course-pursuite, la famille conteste
«Il n'y a pas eu de course-poursuite, il n'y a pas eu d'usage des armes, il n'y a pas eu de contact entre le véhicule de police et la moto de la victime qui, en roulant sur le bas-côté de la chaussée pour se soustraire au contrôle, a percuté un pin. C'est un accident», a affirmé lundi le procureur adjoint Philippe Guémas.
Mais selon Aziz El Mathari, un de ses frères, «la BAC (Brigade anticriminalité, ndlr) l'a repéré, lui a fait un barrage, lui a coupé la route et Mohamed n'a pas pu réagir et n'a pas pu éviter l'arbre qu'il a tapé». «Nous avons des témoins» qui confirment qu'il a reçu un coup qui l'a fait chuter, a affirmé quant à lui Brahim, un cousin. Selon la famille, une automobiliste a indiqué aux enquêteurs de l'IGPN que le conducteur de la moto semblait avoir eu peur en voyant les policiers sortir de leur véhicule.
Il a eu peur «en voyant les policiers»
Les policiers concernés et des témoins ont été entendus ce lundi, par les enquêteurs de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), saisie par le parquet de Draguignan. Mohamed El Mathari, 21 ans, non connu des services de police, venait dimanche de faire du trial et rentrait sur sa moto-cross non immatriculée.
Des expertises médico-légales devaient être pratiquées mardi soir sur le corps de la victime. La moto, une 250 cc non immatriculée qui n'était pas autorisée à circuler sur les voies publiques, a été placée sous scellés.
Lundi, le procureur Philippe Guémas a longuement reçu au commissariat les quatre frères de la victimes, accompagnés par des médiateurs communaux, pour leur assurer que l'enquête ne négligerait aucun témoignage. Il a expliqué avoir saisi l'IGPN pour qu'il n'y ait «pas de défiance» de la part de la famille à l'égard de l'enquête.
«Ce soir, ne cassez rien, ne brûlez rien»
Après l'annonce du décès du jeune homme, de violents incidents avaient opposé, dimanche soir, les forces de l'ordre à une quarantaine de jeunes gens, qui avaient brisé des vitrines et incendié des poubelles à l'entrée de la cité de la Gabelle. Il n'y a eu ni blessé ni interpellation.
«Ce soir, ne cassez rien, ne brûlez rien, je ne veux pas voir même un kleenex brûler», a déclaré le cousin de la vicitme, s'adressant plus particulièrement à de très jeunes gens qui ne cachaient pas leurs intentions. La famille a annoncé qu'elle avait «pris un avocat pour qu'on connaisse la vérité» et qu'elle organiserait mardi «une marche silencieuse jusqu'au commissariat de Fréjus pour que les policiers s'expliquent publiquement».
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