Dans quel état d'esprit Enis et son père abordent-ils ce procès?
Enis est un petit garçon de 7 ans en train de se construire. Depuis deux ans, les médias citent l'affaire Evrard pour d'autres affaires de récidive, passent de nouveau des photos, etc. A l'approche du procès, Enis fait plus de cauchemars. Il comprend maintenant qu'il s'est passé des choses pas normales, qu'un monsieur lui a «volé quelque chose», ce sont ses mots. Et là, ce qu'on espère, c'est que l'on va simplement parler de ce qui va arriver à son agresseur.
Le père d'Enis avait parlé de la peine de mort peu après les faits. Qu'attend-il de cette semaine?
Sur la peine de mort, Mustafa Kocakurt avait été piégé par Karl Zéro, il n'en parle plus. Tout ce qu'il demande, c'est que Françis Evrard ne sorte plus jamais de prison. Cet homme de 63 ans y a passé les trois cinquièmes de sa vie. Avant de sortir de prison, il s'est procuré du Viagra, qu'il a pris avant de partir à la brocante [de Roubaix], comme s'il s'armait. Francis Evrard va essayer de s'appuyer sur le manque de suivi, mais à 61 ans, il savait ce qu'il faisait.
D'après vous, la récidive est inéluctable dans son cas?
Cela remet tout de même en question le système pénitentiaire français. Depuis deux ans, on a juste renforcé la sanction. Mais avant de sortir, en 2007, Francis Evrard venait de passer dix-huit ans à Caen, avec de nombreux autres hommes dans son cas. Alors qu'ils sont rassemblés, il n'y a aucune prise en charge psychologique, pas de travail de fond. Dans le contexte budgétaire actuel, accorder des moyens pour la prise en charge des détenus est compliqué à défendre, mais il s'agit d'éviter de futures victimes.