Après quatre journées de comparution, jeudi soir, Salvatore Cucchiara avait indiqué ne plus vouloir se présenter devant les assises du Bas-Rhin. Il avait le sentiment de ne « pas être crédible », de ne pas être écouté. Quelques heures plus tard, il tentait de mettre fin à ses jours en avalant des cachets dans sa cellule de la maison d'arrêt de Strasbourg. Agé de 40 ans, père de quatre enfants, l'homme est accusé d'avoir tué Frédérique, une étudiante de 20 ans, le 30 juin 2006 à Offendorf. Partie s'occuper des plantes d'amis absents, la jeune femme avait été poignardée à 47 reprises. Son corps avait été découvert par son père et par Salvatore Cucchiara, voisin des lieux du drame.
Trois semaines, après les faits, ce dernier avait reconnu le meurtre expliquant avoir « pété les plombs » parce que Frédérique l'avait arrosé par deux fois. Malgré la découverte de son ADN sur les bracelets de la victime, il s'est depuis rétracté et parle de pression des enquêteurs. Selon son avocat, Me Renaud Bettcher, il est « le coupable idéal » dans « une enquête menée à charge » et dénuée de mobile. Sa tentative de suicide n'est en aucun cas « un artifice de défense ». Suspendue vendredi, l'audience devrait reprendre cet après-midi. Si l'état de santé du prévenu ne lui permet pas de comparaître, le procès pourrait être reporté. En cas de reprise des débats aujourd'hui, la cour d'assises devrait rendre son arrêt vendredi. Salvatore Cucchiara encourt une peine de trente ans de prison. W
P. W.