Privés de match, les supporters bouillonnent à Marseille

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Publié le 25 octobre 2009.

REPORTAGE - Retour sur les affrontements entre Marseillais et Parisiens après l'annulation du match au Vélodrome...

Pour un choc annoncé, cela en fut un. Mais en guise de terrain, c’est dans les rues de Marseille que se sont affrontés ce dimanche les supporters de l’OM et ceux du PSG, après l’annulation du match prévu au Vélodrome par la Ligue de football professionnel (LFP). Très vite après l’annonce, dans l’après-midi, les premiers incidents sont survenus près du Vieux-Port, sur la terrasse d’un café. «Il y avait deux tables de Parisiens, des supporters marseillais sont passés. Tout est parti très vite», raconte le gérant du bar. Quelques bouteilles fusent, mais les CRS interviennent rapidement et séparent la foule à coups de bombes lacrymogène.

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«Parisiens, tête de chiens!»

Contenus dans une rue voisine par les forces de l’ordre, la centaine de supporters parisiens attendra ensuite plus d’une heure avant d’être évacués vers la gare. C’est finalement via le métro, bloqué quelque temps pour éviter les débordements, que la police décide de les faire bouger. La bouche de métro n’est qu’à quelques mètres, mais le cortège, solidement encadré, ne passe pas inaperçu. Alors que les Parisiens débouchent sur le Vieux-Port en enchaînant la Marseillaise et «Hooligans PSG!», les klaxons et les cris marseillais fusent.

A la gare, près de 500 supporters attendent déjà le train affrété pour eux. A côté d’eux, Patrick Mennucci, le maire (PS) du secteur, ne décolère pas après la Ligue. «Je ne comprends pas pourquoi le match n’a pas été annulé hier (samedi). C’est de l’incompétence absolu compte tenu de l’enjeu de la rencontre, affirme-t-il. Maintenant, on a une guérilla urbaine qui va nous coûter dix fois plus cher que le match!» Face à lui, en bas des marches où quelques bouteilles marseillaises fusent encore, la rue est noyée sous les lacrymos et les fumigènes. Une vieille dame remet son casque en hurlant: «Parisiens, tête de chiens!»

«Une dizaine de blessés légers»

Il faudra attendre 19 h pour que les supporters de la capitale rejoignent par petits groupes leur train, sous les huées des Marseillais. Quelques majeurs et insultes fusent de part et d’autres, mais les 600 policiers et gendarmes redéployés sur place contiennent les deux camps. Le train partira finalement vers 19h40. Bilan de la journée, «une dizaine de blessés légers» - dont un supporter parisien fauché par une voiture - et quelques dégâts matériels, indiquait ce dimanche soir le préfet de police de Marseille, Philippe Klayman, regrettant lui aussi la décision tardive de la LFP.

Une dizaine de personnes ont été interpellées, «autant côté marseillais que parisien», a-t-il précisé. Parmi elles, trois supporters parisiens, arrêtés sur l’aire d’autoroute de Peypin, près d’Aix-en-Provence où des dégradations et des vols ont eu lieu.
A Marseille, Stéphanie Harounyan
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