Emily Howell, le programme informatique qui se prend pour Mozart
Créé le 22.10.09 à 19h22
Mis à jour le 22.10.09 à 21h15
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MUSIQUE - Le compositeur virtuel s'apprête à sortir son premier album...
De notre correspondant à Los Angeles
Petit coup de tonnerre dans le monde feutré de la musique classique.
From Darkness, Light, le premier album d'Emily Howell a trouvé une maison de disque, et sortira au printemps prochain. Rien d 'extraordinaire, sauf que malgré son joli nom, Emily Howell est un programme informatique développé par
David Cope, un professeur de musique à
l'Université de California de Santa Cruz.
David Cope commence ses travaux dans les années 80. Pour rendre service à un ami en panne d'inspiration, il crée un premier programme. Le résultat? «De la mauvaise musique faite par un mauvais programme»,
explique-t-il à Ars Technica. Mais il persiste et EMI (pour
Experiences in musical intelligence) voit le jour. Il donne en entrée à EMI des morceaux des maîtres classiques, et le programme compose en sortie des imitations dans le même style et même un opéra complet inspiré par Mahler.
Mal accueilli par le monde du classique
Si les informaticiens saluent ses avancées, le monde de classique voit EMI comme une perversion,
une pâle copie de Mozart et Beethoven, dépourvue de cette petite chose qu'on appelle l'âme. Selon David Cope, des célèbres musiciens expriment leur intérêt pour jouer les morceaux, mais leurs agents ne les laissent pas s'approcher de ce matériel radioactif.
Le professeur passe à l'étape supérieure avec Emily Howell. Il la nourrit avec les pièces composées par EMI, et, la guidant, l'aide à trouver son propre style. Mais il le souligne, «comme tout programme informatique, Emily Howell ne fait pour l'instant qu'obéir à des ordres.» En clair, elle a toujours besoin d'un humain pour la guider dans son processus créatif. Le résultat, à écouter ci-dessous.
Pour le critique musical de NPR (l'équivalent américain de France Inter), les compositions d'Emily Howell, parfois jouées par des humains, parfois par des
disklavier contrôlés par un ordinateur, sont «uniques et parmi ce qui se fait de plus technique» aujourd'hui. Celui du
Times est
beaucoup moins impressionné, qualifiant l'ouverture «de mauvais Rachmaninov».
De Pink Floyd à Radiohead en passant par
le laptop orchestra de Stanford, les expérimentations entre musique et informatique ne sont pas nouvelles. Les robots japonais (et Yamaha) travaillent eux beaucoup sur une synthèse correcte de la voix humaine. A quand une chanson composée par Emily Howell et chantée par HRP-4C?
Le critique musical du Times estime qu'Emily Howell ne peut pas égaler l'inspiration humaine. Et vous?
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