FOOTBALL - Les avant-matchs entre les deux clubs n'ont plus vraiment la même saveur qu'il y a une vingtaine d'années...
«On va rencontrer une équipe fabuleuse avec un effectif de dingue et un coach que j'apprécie» A l’écouter, Grégory Coupet a presque fait de l’OM son équipe préférée.
L’actuel gardien de but parisien vivra dimanche son premier OM-PSG au Stade Vélodrome. Il y a encore quelques années, de telles louanges auraient surpris dans la bouche d’un Olympien ou d’un Parisien, à quelques jours d’un choc OM-PSG. A sa façon, l’ancien portier des Bleus cherche peut-être à calmer le jeu et apaiser les esprits avant une rencontre qui devrait mobiliser un nombre record de policiers.
Mais le temps des avant-matchs sentant le soufre semble bien dépassé, même s’il y a encore quatre ans, les Parisiens ont humé quelques
effluves d’ammoniaque dans le vestiaire du Vélodrome. Le début des années 90, creuset de la rivalité entre les deux équipes, regorge de provocations, artificielles ou non, destinées aborder de façon musclée un match à ne pas perdre.
«Aujourd’hui, ce n’est plus la même chose»
Depuis 1992, le célèbre
«on va leur marcher dessus, l’OM va vivre l’enfer» d’Artur Jorge, est resté un modèle du genre. Pour secouer ses joueurs, Bernard Tapie avait placardé la petite phrase assassine dans le vestiaire. Il n’en fallait pas tant pour chauffer les Di Meco, Mozer, Boli, ou Angloma. «A notre époque, parfois ça dégénérait entre les joueurs, se souvient l’ancien latéral olympien. Aujourd'hui les matchs sont toujours indécis et engagés mais ce n'est plus la même chose.»
Robin Leproux, n’évoquera jamais un «déplacement en terre, hostile, étrangère», comme son prédécesseur Francis Borelli. On imagine aussi très mal un joueur du PSG comparer ses rivaux à des «voyous», comme le fit Bernard Lama avant de se rendre au Vélodrome. Si les rivalités restent exacerbées dans les tribunes, les joueurs, eux, baignent désormais dans une fraternité proprette, bien souvent nourrie de propos stéréotypés.
Un match comme un autre
Illustration de ce changement de ton,
avec Péguy Luyindula qui aborde cette rencontre comme n’importe quelle autre. «On n'a pas ressenti d'atmosphère particulière entre nous. Ce serait une mauvaise idée d'y aller avec de la pression ou de la tension, on essaie de l'évacuer au maximum. Je ne ressens rien aujourd’hui, mais peut-être que ça va monter au fil des jours.» Parce que deux ennemis réconciliés ne peuvent pas si vite tout effacer.
R.S. avec Sandrine Dominique à Marseille