RUGBY - Portrait du trois-quart centre, à la fois étudiant et pro du club parisien...
Etudiant le matin, collègue de boulot de François Steyn et Sébastien Chabal l’après-midi, Henry Chavancy est un réconfortant anachronisme dans un rugby promis à ressembler à son cousin manchot, le football. «A 21 ans, j’aurais eu du mal à ne faire que du rugby à voir toujours les mêmes personnes. On peut rentrer dans une routine dangereuse à nos âges», disserte celui qui partage donc ses journées entre ses cours d’école de commerce et le centre d’entraînement du Racing-Metro 92.
Chez Henry Chavancy, discours réfléchi et verbe recherché, trahissent une bonne éducation assez raccord avec l’image historique du Racing. Trop jeune pour avoir connu l’époque frondeuse des Mesnel, Lafond ou Blanc à la fin des années 80, Chavancy connaît sur le bout des doigts la légende potache de la bande du «show-bizz». De là à singer ses aînés… «Perpétuer l’esprit, oui, mais d’une façon différente, rassure-t-il. Aujourd’hui, je ne sais pas si on pourrait jouer en nœuds papillons ou avec un béret. De temps en temps, on essaye de faire des petits clins d’œil comme lors la finale perdue de Pro D2 il y a deux ans, où on portait tous des crampons roses.
«Il n’avait peut-être plus trop le choix»
Dans un effectif cosmopolite et qui pèse son poids en sélections, Chavancy est l’enfant du coin, celui que dirigeants et habitués du stade de Colombes ont vu grandir. Lucide, ce fils de militaire (il a d’ailleurs vécu deux ans à Djibouti pendant son adolescence) sait qu’il a profité des blessures pour s’incruster dans le XV de Pierre Berbizier en début de saison. «Il n’avait peut-être plus trop le choix. Après, je pense avoir su saisir l’occasion, je pense qu’il n’a plus d’appréhension à me faire jouer.»
Centre complet sans défaut particulier (si ce n’est un certain manque de vitesse), l’international des moins de 21 ans est en passe de devenir une évidence aux yeux de son manager, Pierre Berbizier, pourtant pas du genre à offrir un traitement de faveur particulier à ses jeunes pousses. Une exigence que comprend très bien le joueur. «Qu’on soit jeune ou vieux, il ne doit pas y avoir de différences de traitement si on aspire à jouer en équipe première. On ne sert pas un jeune joueur en mettant ses erreurs sur le compte de sa jeunesse.» Pour le champagne à la mi-temps (comme l’osèrent Mesnel and co lors la finale de 1990), Henry Chavancy et ses copains du centre de formation vont peut-être attendre un peu.
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