Patrick Sébastien-Brive: les raisons d'un divorce

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Publié le 20 octobre 2009.

RUGBY - Crise sportive, coulisses agitées, les remous d'un club en pleine mutation...

Après un nouveau week-end désastreux sur le plan sportif, Patrick Sébastien, figure du club de rugby de Brive a d'abord tapé du poing sur la table et proposé de reprendre les rênes d'un club à la dérive. Une offre rejetée par les dirigeants effectifs qui l'ont poussé à la démission. «Je pars définitivement. Je me suis fait baiser deux fois, je ne me ferai pas baiser trois fois. Je m'aperçois que le club part en vrac. Eux, c'est des questions de places et de pouvoir, moi ce n'est vraiment pas mon truc», a balancé le président d'honneur sur Europe 1 avant d'officialiser sa démission dans la soirée. Retour sur les raisons de ce divorce.


Une crise sportive

Depuis le début du Top 14, Brive n'a jamais été en mesure de rivaliser avec les équipes de haut de tableau: défaites à Toulouse (0-38), à Perpignan (9-21), au Stade Français (16-44) et à domicile contre Biarritz (12-15). La nouvelle déconvenue contre Leinster ce week-end ((13-36), après avoir été laminé la semaine précédente contre Llanelli) a été celle de trop. Coup de gueule de leur capitaine Fabien Estebanez («Il y un fossé qu'il y a entre une équipe de Brive et le champion d'Europe») puis de Sébastien qui accuse indirectement les dirigeants en protégeant les joueurs: «Les joueurs ont fait le métier, mais ça ne suffit pas.»


Deux philosophies de recrutement

Le club corrézien, qui comptait déjà dans son effectif des joueurs sud-africains, Gerhard Vosloo ou Antonie Claassen, et anglais, Andy Goode a persévéré dans cette voie. Mais les nouveaux, les Sudafs Pat Barnard et Retief Uys ainsi que les Anglais Shaun Perry, Jamie Noon et Riki Flutey (blessé à l'épaule, ce dernier n'a joué qu'un match), n'ont pas eu le même impact que les devanciers. Patrick Sébastien dénoncait depuis des mois «une multiplication des contrats étrangers», une tendance lourde du Top 14. 


La bataille des coulisses

Le problème le plus épineux. Pendant l'été, Daniel Derichebourg, propriétaire du groupe du même nom, a vendu le club corrézien (5e budget du Top 14 avec 16 millions d'euros) à une société anonyme dont le conseil d'administration est dirigé par Jean-Jacques Bertrand, épaulé par l'Anglais Simon Gillham. De moins en moins influent, Patrick Sébastien a tenter de profiter de la crise sportive pour se présenter en sauveur. Un échec. Après Patrick Sébastien, la prochaine victime pourrait être le manager Laurent Seigne dont «la mise à mort est programmée» selon Patrick Sébastien interrogé par Lequipe.fr.
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