Nicolas Sarkozy en phase mea culpa?
Créé le 16.10.09 à 19h49
Mis à jour le 16.10.09 à 19h49
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POLITIQUE - Le Président a fait amende honorable sur Gandrange et Clearstream...
Il y a eu la
phase bling bling, avec l'épisode du Fouquet's et du yacht de Bolloré. Puis la phase de
l'hyper présidence, avec des réformes lancées à tout va. Nicolas Sarkozy serait-il entré dans une phase mea culpa?
Sur le perron de la mairie de Gandrange, jeudi, le chef de l'Etat
semble avoir fait amende honorable: «J'ai mesuré l'ampleur de la déception lors de ma visite en Lorraine il y a quelques jours. C'était une erreur. J'ai décidé d'y retourner.» Il poursuit dans cette veine
dans une interview au Figaro publiée ce vendredi. Sur Clearstream cette fois-ci. «Le mieux à faire est de laisser se dérouler ce procès, de faire confiance à la justice et de s'abstenir de tout commentaire. J'aurais été mieux inspiré de le faire dès le début», reconnaît-il, en allusion à ses propos sur les «coupables» dans cette affaire.
«Il avait perdu la maîtrise de l'agenda politico-médiatique»
Par deux fois, le président reconnaît donc, après coup, s'être trompé. Si une telle attitude n'est pas nouvelle - le «j'ai changé» prononcé en janvier 2007 a été l'un des leitmotiv de sa campagne présidentielle -, le timing de ces déclarations apparaît nouveau aux yeux des experts. «Pour une fois, Nicolas Sarkozy est en aval des évènements, pas en amont», commente Frédéric Dabi, de l'institut de sondage Ifop. «Entre le procès Clearstream, les polémiques
sur la vidéo de Brice Hortefeux,
les écrits de Frédéric Mitterrand, et
la promotion de son fils Jean Sarkozy à la tête de l'Epad, il avait perdu la maîtrise de l'agenda politico-médiatique», ajoute le spécialiste.
Un avis partagé par Jean Véronis, linguiste, qui a épluché le discours présidentiel à plusieurs reprises. «Cette fois-ci, il agit en réaction plutôt qu'en action», note-t-il, pointant un certain «décalage» du chef de l'Etat, voire même une certaine «fatigue». «Lors de son discours sur la réforme du lycée, il a vanté la fin des privilèges liés à la naissance, sans accent provocateur, comme s'il n'avait pas remarqué en quoi cela pouvait faire écho à la polémique sur son fils», remarque Jean Véronis. «A tel point qu'on pouvait se demander s'il avait bien lu le discours qu'on lui avait préparé à l'avance.»
«Rattrapé par sa politique arrogante»
En allant à Gandrange par surprise puis en accordant une interview au
Figaro, Nicolas Sarkozy a donc bien cherché à reprendre la main et à «recrédibiliser sa parole politique», selon Frédéric Dabi. «Dans le cas de Gandrange, il était face à un véritable danger car en France on croit à la parole politique», ajoute le sondeur. Autrement dit, ne pas retourner voir les ouvriers de l'aciérie, alors qu'il l'avait promis, revenait à reconnaître qu'il ne pouvait rien pour eux. Or, le «fatalisme» peut être sévèrement sanctionné par l'électorat, rappelle Frédéric Dabi.
Quant aux polémiques concernant Frédéric Mitterrand ou Jean Sarkozy, Nicolas Sarkozy «est un peu rattrapé par sa politique arrogante, notamment basée sur l'ouverture», souligne Jean Véronis. Et de plus en plus, «les coups viennent autour de lui», ajoute-t-il, estimant que la reprise en main médiatique de jeudi s'adressait surtout à sa majorité. Une sorte de mea culpa entre soi.
Et vous, qu'en pensez-vous? Nicolas Sarkozy a -t-il fait amende honorable ou a-t-il au contraire fait preuve «d'autosatisfaction», comme l'a souligné Martine Aubry jeudi?
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