En 2008, 54 % des plaintes enregistrées par l'aéroport concernaient les nuisances sonores. A défaut de déménager, celui-ci dispose d'un fonds pour l'insonorisation des quelque 21 000 logements éligibles à une aide*. Financé par les compagnies aériennes, il est complété depuis 2008 par les collectivités locales, pour « accélérer l'insonorisation ». Un cas unique en France. Prévus pour durer quatre ans, les versements des collectivités viennent d'être stoppés. Motif : un surplus de 3 millions d'euros. Une situation incongrue alors que le nombre de dossiers déposés est passé de 483 en 2007 à 2 052 l'an dernier. « La ressource financière de la taxe était faible, mais l'Etat l'a revalorisée, ce qui explique cet excédent. Il y a aussi eu un coup de frein des copropriétés qui attendaient le passage de la prise en charge de l'aide aux travaux de 80 à 95 %. C'est le cas depuis cet été », avance Anne Julia, responsable environnement à Toulouse-Blagnac.
Et le nombre de dossiers s'envole : sur les 678 traités depuis janvier, 555 concernent des logements collectifs. « Il est vrai que les syndics attendaient. Mais aujourd'hui, l'intelligence serait d'avoir une politique plus volontariste. Et si les collectivités étaient vertueuses, elles insonoriseraient les écoles et les lieux publics », insiste Chantal Demander, présidente du Collectif contre les nuisances aériennes. A bon entendeur... W
* Davantage d'infos sur l'aide à l'insonorisation sur http://environnement.toulouse.aeroport.fr