Daouda Sow a rapporté une belle médaille à la France aux JO de Pékin en 2008. Normalement la voie royale pour devenir pro à l’instar de Brahim Asloum en 2000. Mais la conjoncture a changé et le jeune boxeur peine à gagner sa vie. Il a expliqué ses difficultés à 20minutes.fr.
Vous êtes passé professionnel après votre médaille d’argent à Pékin. Après un combat, gagné en septembre, monté par Mahyar Monshipour, vous n’avez plus rien en vue. Comment l’expliquez-vous?
C’est dur. Je m’entraîne dans le flou. J’ai des dialogues avec des promoteurs. Mais Khedafi Djelkhir et moi, d’après notre CV, on estime valoir quelque chose qu’on ne nous propose pas. On n’est pas bête, on a conscience de la conjoncture, on sait que la boxe va très mal. Il y a moins d’argent, on en propose moins. Mais qui dit professionnel, dit en vivre. Et aujourd’hui, je ne vis pas de la boxe, c’est mon emploi à la mairie de Hem (Nord) qui me fait vivre. C’est un peu contradictoire, mais finalement, je suis un amateur de très haut niveau. Les plus professionnels, c’est l’équipe de France amateur. Ils ont un suivi médical, des kinés, ils partent en stage….
Comment expliquez-vous l’impasse dans laquelle se trouve la boxe?
Il y a un peu de tout : les télés, les promoteurs… Pourtant, dans certains galas, les salles sont pleines! Le problème, c’est aussi que certains acceptent des combats pour 500 ou 600 euros. Ce genre de bourses, on devrait les boycotter. C’est facile à dire, plus difficile à faire. Si tu rajoutes 20 euros, il y en a toujours un qui va accepter. Mais à force de refuser, les promoteurs réfléchiraient.
Que faudrait-il mettre en place pour améliorer la situation?
Il faudrait un vrai travail de com’. Dans promoteur, il y a promotion. Il y a des boxeurs qui sont super nuls, mais ils sont bien vendus. Il faudrait aussi penser à copier certains modèles étrangers. Regardez le combat Pacquiao-Hatton. Quand tu vois les bandes-annonces, ça paie. Il y avait les bons, les méchants, comme dans un film! C’est ça qui nous aidera : l’aspect médiatique.