Des boxeurs payés quelques centaines d’euros
Le constat est abrupte: la boxe manque cruellement d’argent. Sous la face émergée de l’iceberg Asloum qui a arrêté récemment sa carrière en raison d’un conflit financier avec Canal +, des dizaines de boxeurs pro galèrent simplement pour vivre. «Asloum, c’est un cas un peu particulier car il a quand même refusé un combat à plusieurs centaines de milliers d’euros. Mais le réel problème, ce sont ceux qui combattent pour quelques centaines d’euros», résume lapidairement Bouttier. Loin des strass de Las Vegas où le combat entre le Philippin Manny Pacquiao contre Ricky Hatton a rapporté plus de 20 millions de dollars (environ 13,5 millions d'euros) aux deux hommes, un boxeur comme Johann Duhaupas, l’un des meilleurs lourds français, avait seulement touché quelques milliers d’euros lors de son championnat d’Europe à Deauville. Plus inquiétant encore, les trois médaillés de Pékin, Alexis Vastine (bronze), Khedafi Djelkhir (argent) et Daouda Sow (argent) peinent à percer.
Le désamour de la télé, l’échec des boxeurs-promoteurs
Un beau gâchis. Car même si la boxe anglaise n’est pas le sport le plus populaire en France, le nombre de licenciés augmente régulièrement (24.000 en 1996, 37.000 aujourd’hui). Du coup en juin, la Fédération a décidé de taper du poing en demandant au milieu de revenir aux fondamentaux: offrir de beaux combats. «Certains promoteurs ont trop protégé leurs boxeurs en leur faisant affronter des adversaires moins bons. Il faut que ça change», tance Dominique Nato. Prochain rendez-vous crucial: le retour de Jean-Marc Mormeck sur les rings en novembre. A 37 ans, l’ancienne gloire s’est lancé un défi: réussir chez les lourds pour retrouver David Haye qui l’avait battu en 2007. Seul Orange Sport s’est pour le moment intéressé à cette revanche.