Présidence de l'Epad: «Mais quel est le mérite de Jean Sarkozy à part d'être le fils à papa?»
Créé le 12.10.09 à 15h11
Mis à jour le 12.10.09 à 15h43
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REACTIONS - Une partie de la classe politique refusent de se laisser convaincre par les arguments de la majorité...
L'éventualité de voir
Jean Sarkozy prendre la tête de l'Epad, le
quartier d'affaires de la Défense, déchaîne les passions. En plus d'une
pétition en ligne, qui
fait le plein, une partie de la classe politique dénonce avec vigueur la probable nomination du «fils de». Et les arguments de la majorité, qui assure à qui veut l'entendre que le
fils du chef de l'Etat ne devrait cette accession qu'à son talent, ne semble convaincre personne.
Le plaidoyer grinçant de Laurent Fabius
«On sent bien qu'il y a une reprise en main du clan Sarkozy (...) sur le coffre-fort que représente le département le plus riche de notre pays», a déclaré le socialiste
Manuel Valls sur i-Télé, assurant cependant ne pas douter «un seul instant que
ce garçon ait du talent».
«J'entends beaucoup de critiques et je voudrais vraiment prendre la défense de Jean Sarkozy», a pour sa part assuré
Laurent Fabius sur France Inter. Ironique, l'ancien Premier ministre a en effet estimé que pour «le plus grand quartier d'affaires d'Europe (...) on a besoin de quelqu'un qui soit un très bon juriste, or M. Sarkozy est en deuxième année de droit, c'est déjà un élément très, très fort.» Le socialiste a ajouté à son plaidoyer grinçant que pour cette même fonction, «on a besoin de quelqu'un qui connaisse bien les affaires (...) et là je pense qu'il peut y avoir quelques prédispositions».
République bananière
«Dans la
déclaration des Droits de l'homme de 1789, il est dit que les postes sont attribués selon les capacités et les mérites (article 6, ndlr), c'est ça une République digne de ce nom, mais quel est le mérite de Jean Sarkozy à part d'être le fils à papa?», s’est quant à lui interrogé
Arnaud Montebourg, secrétaire national du PS à la rénovation.
«La France n'aura donc plus rien à envier aux pires Républiques bananières», a de son côté écrit
Marine Le Pen dans un communiqué. «Cet étudiant semble-t-il médiocre (à 23 ans, on est généralement bac + 5 !) sans diplôme, sans expérience et sans compétence particulière, va régir le sort de 150.000 employés et brasser des milliards!», a ajouté la vice-présidente du FN.
Sa légitimité: du talent et une élection
Devant une telle levée de boucliers,
Xavier Bertrand a pris la défense de Jean Sarkozy. Pour le secrétaire général de l'UMP, le jeune homme tient «sa légitimité» de son élection au Conseil général des Hauts-de-Seine. «Il n'y a rien de plus noble que la confiance des électeurs. Voilà sa légitimité et, aujourd'hui, il veut se consacrer à fond à son département», a justifié Xavier Bertrand.
«Cela n'a rien à voir avec le fait qu'il soit le fils de son père», a promis de son côté
Patrick Balkany. Le député-maire UMP de Levallois-Perret a affirmé que si Jean Sarkozy est pressenti pour prendre la tête de l'Epad, «c'est parce qu'il a le talent pour le faire». «Moi qui ai connu Nicolas Sarkozy à 22 ans, il avait déjà beaucoup de talent. Et je peux vous dire que Jean Sarkozy, à 23 ans, a peut-être encore plus de talent que n'en avait son père à son âge», a-t-il conclu.
«Personne n'a été étonné que
Martine Aubry, fille de
Jacques Delors, fasse de la politique», a rebondi
Frédéric Lefebvre. Le porte-parole de l'UMP a estimé, au prix d'un petit lapsus, que «le procès d'intention qui est fait aujourd'hui à Nicolas... à Jean Sarkozy est détestable.» Affirmant à son tour que le jeune homme a «la première des légitimités, celle des électeurs», il a déploré que «comme par hasard, comme Jean Sarkozy porte le même nom que le président de la République, on lui tombe dessus».
>> Et vous, qu'en pensez-vous? Logique nomination au mérite ou scandaleux népotisme à la française? Donnez-nous votre avis dans les commentaires ci-dessous.
J. M. avec agence
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