Le PS a-t-il dérapé dans l'affaire Mitterrand?
Créé le 09.10.09 à 16h23
Mis à jour le 10.10.09 à 12h46
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POLITIQUE - Le parti a de nouveau affiché une image désunie...
Le PS qui rebondit sur une polémique déclenchée par le Front national, ça, Frédéric Mitterrand ne l'avait sans doute pas prévu. «C'est bien dommage de pouvoir imaginer que des élus de gauche aillent rejoindre le Front national. Je dois dire que les bras m'en tombent (...) Si le Front national me traîne dans la boue, c'est un honneur. Si un député de gauche me traîne dans la boue, c'est une honte pour lui», avait-il déclaré mercredi en réponse
aux propos de Benoît Hamon.
Marine Le Pen a accusé la première Frédéric Mitterrand
de s'être livré au tourisme sexuel, exhumant dimanche soir dans «Mots Croisés» des passages du livre
La Mauvaise vie. En reprenant ces accusations lundi, le porte-parole du PS a véritablement donné naissance à la polémique.
Martine Aubry appelle à ne pas faire d'amalgame
Nombreux sont ceux qui s'interrogent aujourd'hui sur cette stratégie, à laquelle n'a visiblement pas adhéré la direction du parti. Après avoir botté en touche dans un premier temps, affirmant «ne pas avoir lu le livre» de Frédéric Mitterrand, la première secrétaire a jugé nécessaire ce vendredi d'appeler à ne «pas faire d'amalgame» entre le porte-parole du PS et le Front national. «Comprenons aussi que Benoît Hamon a pu avoir une réaction de sensibilité, comme tous les Français qui liraient ce livre», a justifié Martine Aubry.
Mais plusieurs responsables de gauche ont estimé que le porte-parole du PS avait outrepassé son rôle en s'en prenant aussi violemment à Frédéric Mitterrand et une ligne de fracture semble s'être dessinée au sein du parti entre la jeune garde et les caciques.
Conflit de génération
Si Emmanuel Valls et Arnaud Montebourg ont emboîté le pas à Benoît Hamon, exigeant la «révocation» du ministre de la Culture, des cadres du parti comme Bertrand Delanoe et Pierre Moscovici ont clairement pris leurs distances avec cette position, le premier affichant son soutien à Frédéric Mitterrand, le second appelant à de la retenue.
Une fois de plus,
le conflit de génération entre les quadras du parti et les héritiers de François Mitterrand est apparu au grand jour. La jeune génération est «persuadée que c'est sur le terrain des valeurs, abandonné à la droite, que se forgera la reconquête de l'électorat»,
explique l'historien Christian Delporte dans
Libération ce jeudi (article payant). «Les prises de position de Valls
sur l'immigration en constituaient un premier signe», poursuit-il.
L'«unité» du PS mise à mal
Reste que Frédéric Mitterrand a déclaré jeudi soir sur TF1 qu'il ne démissionnerait pas et que Nicolas Sarkozy ne semble pas déterminé à l'y pousser. Si cette polémique laissera sans doute «des traces» sur la carrière politique du ministre, comme l'a assuré Benoît Hamon ce vendredi, elle risque également de laisser des séquelles au Parti socialiste, de l'avis de Stéphane Le Foll, proche de l'ancien premier secrétaire François Hollande.
Cette polémique «ne peut que susciter un malaise au sein du Parti socialiste», mettant à mal sa «cohérence» et son «unité», a déclaré le député européen, souhaitant «que l’expression publique au sein du parti soit moins soumise à la spontanéité et à l’émotion des uns et des autres et plus à une réflexion issue d’une délibération collective».
Et vous, qu’en pensez-vous ? Selon vous, le PS a-t-il dérapé? Fallait-il lancer la polémique?
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