Prix Nobel «C'est un encouragement plus que la récompense d'un bilan»
Créé le 09.10.09 à 11h28
Mis à jour le 09.10.09 à 11h38
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INTERVIEW - François Durpaire, politologue et auteur «Obama face à la crise : 100 jours pour sauver la planète», revient sur l'attribution du prix Nobel de la paix au président des Etats-Unis...
Comment expliquez-vous que Barack Obama se voit décerner ce prix?
Je suis assez étonné que le comité lui décerne ce prix. Mais il s'agit ici d'un encouragement plutôt que la récompense d’ un bilan. Il existe deux types de prix Nobel. Ceux qui encouragent une position, ceux qui récompensent une réalisation. Dans le cas présent, le comité a, de toute évidence, estimé qu'il s'agissait d'une chance historique de saluer
une approche tout à fait nouvelle des relations internationales par les Etats-Unis, qui est le multilatéralisme.
Quel message envoie le comité du Nobel au monde?
Je pense que le comité sait que la président américain a pas mal d'obstacles devant lui. C'est une manière de le soutenir. Mais je pense aussi que c'est une manière de dire à
Netanyahou et à tous ceux qui bloquent le processus de paix, qu'il faut aller de l'avant. Le but du Nobel, il ne faut pas l'oublier, est de faire avancer la paix dans le monde.
Mais Barack Obama est très critiqué pour l'engagement des Etats-Unis en Afghanistan. N'est-ce pas paradoxal de lui décerner ce prix?
Non, car le Nobel n'est pas pour le pacifisme, ni pour que les Etats-Unis
abandonnent l'Afghanistan aux talibans. C'est aussi une manière de dire qu'il faudra, à l'avenir, faire pencher la balance du côté de la paix, y compris en Afghanistan. Et puis, ce n'est pas la première fois qu'un homme politique qui a fait la guerre se voit décerner le Nobel de la paix.
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