Gilles Simon: «Gagner un tournoi avant la fin de l'année»

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Publié le 5 octobre 2009.

INTERVIEW - Le deuxième joueur français, qualifié pour les demi-finales à Bangkok, fait le point sur sa fin de saison...

Vous êtes qualifié pour les demies finales à Bangkok, la finale contre Jo-Wilfried Tsonga vous trotte dans la tête?

On nous en parle tellement… Tout le monde a envie de la voir. Mais pour autant, on n’y est pas encore. J’ai encore un match à gagner contre un adversaire qui a fait un très gros match en quart (Melzer).

Cette saison, vous n’avez pas encore remporté de tournoi. C’est une pression supplémentaire?

Non, ça ne me met pas de pression. Gagner un tournoi avant la fin de l’année, c’est un objectif. Mais ça ne me rajoute pas une pression. J’ai des points à prendre sur tous les tournois. Que ce soit les 250, les 500 ou les Masters Series. Voilà, je veux juste jouer tous mes matchs à fond, sans être gêné par mon genou. Mais c’est vrai que je serai content d’en gagner un avant la fin.

Peut-être que cette année, vous ne bénéficiez plus d’aucun effet de surprise. Vous devez vous sentir beaucoup plus attendu?

Je l’ai ressenti forcément à un moment. Maintenant, je m’y suis vraiment habitué. Cette saison a été complètement différente de la précédente. Quasiment à tous les niveaux. Je m’adapte au fait de jouer presque exclusivement contre des joueurs moins bien classés que moi. Il faut que j’aille très loin pour jouer les meilleurs. Ça m’a posé pas mal de problèmes à un moment  parce que quand j’ai commencé à perdre un match ou deux, c’était un peu logique, mais je me suis mis à réfléchir. Mais maintenant, c’est assimilé, c’est digéré.

Avez-vous déjà analysé ce qui n’a pas marché cette saison? Vous n’avez pas de regrets?

Non, parce que la saison n’est pas finie. Les regrets c’est toujours facile à avoir. Il y a eu un passage en milieu de saison que n’ai pas bien géré. Il m’a fait très mal. Parce que sinon, je serai toujours autour de la 10e place (à la Race). Lors du passage sur terre, j’ai perdu des matchs où il y avait pas mal de points à prendre. C’était des mauvaises défaites. Mais je ne veux pas revenir là-dessus. Je ne regrette rien. On ne sait pas comment ma saison va se finir.

Par une qualification à la finale du Barclay Masters, à Londres, peut-être. Vous y pensez déjà?

Je n’y pense pas vraiment. Je dois avoir 700 points de retard (545 en réalité), ce qui correspond à une finale de Masters Series. Il n’en reste que deux. J’ai réussi à le faire l’an dernier. Ce n’est pas pour cela que je vais y arriver cette année. En tout cas, j’ai des points à prendre partout.

Est ce que selon vous, l’écart entre le top 5 et les autres s’est creusé cette saison?

Je pense que les mecs devant ont été très très bons. Mais l’écart ne s’est pas creusé. L’an dernier, ils étaient déjà aussi loin. C’est juste qu’il y en a un ou deux, Roddick et Del Potro qui se sont greffés à eux. Un peu plus Del Potro depuis sa victoire à l’US Open. Roddick a retrouvé beaucoup de régularité. Del Potro n’a quasiment jamais perdu contre des joueurs moins bien classés que lui. Donc, oui, l’écart est signifiant sur cette année. Est-ce qu’il le sera l’année prochaine, je n’en sais rien.

La France affrontera l’Allemagne en coupe Davis l’année prochaine. Quand on parle de syndrome frappant les joueurs français, vous y croyez?

Si je croyais tout ce qu’on lit, j’aurais arrêté de jouer depuis un petit moment. Nous on est toujours moins bons que les autres… Contre la République tchèque, Gaël perd contre un joueur bien moins classé que lui, oui… Forcément c’était lui qui avait tout à perdre. Mais quand il gagne des matchs contre les tous meilleurs du monde, on ne se demande pas si les mecs n’ont pas eu peur un peu en face à un moment. On ne retourne pas assez souvent la situation. Oui, ça s’est clairement vu, il avait peur, il n’a réussit à se libérer. Je crois que les équipes précédentes qui ont réussi à gagner des coupes Davis n’étaient pas favorites. On ne s’est pas demandé à ce moment là si les Américains, les Australiens avaient eu peur. Donc, on sait que ça peut arriver. A force d’être favoris, on joue toujours des joueurs moins bien classés, et il y a bien un moment où on perd. Voilà.

Un mot sur le retour de Richard Gasquet. Vous lui avez parlé ces derniers jours?

Non, parce qu’on n’était pas sur les mêmes tournois. S’il rejoue bien, je suis content pour lui. Pour nous, c‘est difficile, on est toujours jugés sur les moindres faits et gestes. C’est délicat. Un truc comme ça qui tombe sur Richard… J’ai relu dix fois l’information pour la croire. Donc… je suis très content qu’il ait été déclaré innocent dans cette affaire. Il rejoue bien. J’espère qu’à l’arrivée ça lui aura fait plus de bien que de mal. A l’époque on n’était pas en contact parce qu’il était vraiment dans sa bulle. Il avait sa défense à préparer. Moi je l’ai soutenu. Je lui ai envoyé deux trois petits textos à des moments clés. Pour lui dire qu’on espérait que ça allait bien se passer.

Propos recueillis par Romain Scotto
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