Timide et réservé, Joan Duru n’est pas un surfeur comme les autres. Né à Bayonne, en plein cœur du pays basque, il représente «un pur produit des vagues françaises», comme l’aime à le souligner son manager sportif Mattin Michaud. Ce qui est plutôt rare, comparé aux autres membres de l’équipe de France comme Jérémy Florès (Réunionnais) ou Michel Bourez (Tahitien).
Habitué à plonger tous les matins dans l’eau frisquette de l’océan Atlantique depuis tout petit, Joan Duru est venu comme une évidence au surf. «On allait tous les jours à la plage, se souvient le jeune surfeur. Mon père surfe aussi. Et à l’âge de sept ans, j’ai commencé à m’y mettre pour de bon». Le jeune Joan découvre le surf, des sensations et deux amis, Tim Boal et Michel Bourez, présent eux aussi sur le circuit mondial. «On surfe souvent ensemble. On est en dehors de tout. Sur la planche, je ne pense plus à rien. Et puis, le surf, c’est le rêve tous les jours».
Premier de sa série
Invité au Quiksilver Pro France, le grand espoir du surf tricolore espère briller devant ses amis et sa famille venus l’encourager sur la plage des Bourdaines, à Seignosse, où se déroule la compétition. «Nous sommes très heureux et très fiers de lui», confirment les parents de Joan, ravis de chouchouter un peu de leur fils avant qu’il ne reparte pour le Brésil début octobre. «Il rentre le soir à la maison, alors on en profite, glisse sa maman, descendue sur la plage pour féliciter son fils, qui a terminé premier de sa série mercredi.
Septième du circuit de qualification pour le championnat du monde 2010, ce supporter l’Aviron Bayonnais en rugby enchaîne les compétitions aux quatre coins du monde. Son objectif: Intégrer le circuit mondial et côtoyer les meilleurs surfeurs de la planète comme Kelly Slater et le leader actuel du championnat l’Australien Joel Parkinson. Un rêve qui est en passe de devenir réalité puisqu’il ne lui manque que quelques points pour valider sa place d’ici la fin de la saison.
Des retrouvailles avec Kelly Slater
Discret au quotidien, Joan Duru se lâche lorsqu’il glisse sur les vagues. Sa puissance physique constitue l’une de ses principales qualités. «On travaille au développement de son explosivité, mais aussi l’endurance pour qu’il tienne sur des vagues qui partent de loin, explique son préparateur physique Julien Dales. Joan est quelqu’un qui a la capacité de s’entraîner dur jusqu’au dernier moment. On fait de la muscu et du développé couché». Face à Kelly Slater, Joan Duru va avoir besoin de toute son énergie pour rééditer son exploit de l'an dernier, lors du troisième tour reporté à samedi. Le Basque avait alors envoyé en repêchages le roi aux neuf couronnes mondiales.