Des bombes artisanales explosent sur la pelouse, les insultes pleuvent sur l’arbitre et le match est suspendu deux fois. La soirée de samedi où Grenoble recevait Rennes n’a pas été de tout repos pour Clément Turpin. Mais loin d’être décontenancé, le plus jeune arbitre de la Ligue (27 ans) a su gérer la situation avec sang-froid et humanité. «Evidemment, une part de ma concentration était dédiée aux tribunes, reconnaît-il. Dans un cas comme ça, on craint pour les supporters. On réagit en tant qu’hommes et non en tant qu’arbitres.»
Grande découverte pour certains, il y a un cœur qui bat sous la tunique noire. Un cœur qui rend la prise de décision forcément aléatoire. «Un bon arbitre est d’abord celui qui exprime sa personnalité sur le terrain. Ce n’est pas un gendarme», confirme Bruno Derrien, qui raccroché le sifflet au haut niveau. Une faute ne sera donc pas appréciée de la même manière par deux arbitres différents. L’enjeu du match rentre aussi en ligne de compte, tout comme le comportement des joueurs. «Quant un joueur réclame à tort une touche en début de match, on sourit. Mais au bout de 90 minutes de mauvaise foi, ce n’est plus pareil», confie Clément Turpin.
La mine des mauvais jours
Voilà qui ne plaira ni aux supporters déçus, ni aux entraîneurs en mal de résultats. L’affaire Fautrel montre d’ailleurs que l’erreur n’est pas jugée acceptable. Un but sur un hors-jeu évident et l’avalanche de critiques tombe, allant jusqu’à la remise en question de la probité de l’arbitre. Selon un sondage publié mercredi, 38% des Français considèrent que l’erreur d’arbitrage ne fait pas partie du jeu. Un chiffre qui révolte Clément Turpin: «C’est énorme. A titre personnel, je revendique le droit à l’erreur. Qui n’en commet jamais dans son travail?»
Un point de vue qui ne doit pas faire oublier qu’une bévue ne laisse jamais indifférent: «Quand on se plante, on quitte le stade avec la mine des mauvais jours, témoigne Stéphane Lannoy. On est malheureux, et ça, personne ne le sait». Une situation peu enviable, mais qui ne doit pas tourner à la psychose. «Un arbitre est un homme public, il doit accepter la critique, poursuit Lannoy. Le jour où je ne la supporterai plus, j’arrêterai.»
| 1 | Montpellier | 82 | 38j | +34 | |
| 2 | PSG | 79 | 38j | +34 | |
| 3 | Lille | 74 | 38j | +33 | |
| 4 | Lyon | 64 | 38j | +13 | |
| 5 | Bordeaux | 61 | 38j | +12 | |
| 6 | Rennes | 60 | 38j | +9 | |
| 7 | Saint-Etienne | 57 | 38j | +4 | |
| 8 | Toulouse | 56 | 38j | +3 | |
| 9 | Evian-Thonon | 50 | 38j | -1 | |
| 10 | Marseille | 48 | 38j | +4 |