La crise n'épargne pas la banque alimentaire

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Publié le 24 septembre 2009.

Au siège de la Banque alimentaire du Bas-Rhin, une armée de petites mains s'active à trier et à reconditionner les arrivages. « Chaque jour, ce sont environ 6 tonnes qui entrent et qui sortent du dépôt, s'enthousiasme Jean-Denis Lauga, un bénévole. L'an passé, nous avons récolté 1 546 tonnes de denrées et distribué l'équivalent de quatre millions de repas et colis dans le département par le biais de 76 associations. » Au total, 4 082 adultes, 3 392 enfants et 261 bébés ont bénéficié de l'aide.

Problème, en raison de la morosité économique, les demandeurs pourraient être plus nombreux cette année. Pour sensibiliser le public, et célébrer le 25e anniversaire de la création de sa première antenne hexagonale, la Banque alimentaire propose une visite de ses locaux de la Meinau mardi prochain (lire encadré). Elle organisera également une grande collecte les 27 et 28 novembre. « Depuis l'ouverture de la première Banque alimentaire en 1984, et de la nôtre un an après, beaucoup de choses ont changé, explique Coralie Tijou, directrice départementale. Le public est différent et illustre tous les visages de la précarité. Il va des jeunes étudiants aux salariés en passant par les retraités qui représentent 20 % des bénéficiaires. En début d'année, nous avons observé une augmentation significative des demandes. Si elles stagnent depuis, nous nous attendons à une nouvelle hausse cet hiver. Il y a toujours un temps de latence, en général de six mois, pendant lequel les gens font appel à leurs amis ou n'osent pas demander de l'aide. » Si plus de la moitié des associations s'approvisionnant auprès de la banque oeuvrent dans la Communauté urbaine de Strasbourg, les besoins se font aussi de plus en plus ressentir dans les zones rurales. Ainsi, des épiceries solidaires vont voir le jour dans les prochains mois, notamment à Wissembourg, Haguenau et Reichshoffen et s'ajouteront à la dizaine déjà ouverte dans le département. Pour pouvoir approvisionner son réseau, la banque multiplie actuellement les démarches pour récupérer des denrées et notamment des fruits et légumes. « Malheureusement, nos stocks ne sont jamais suffisants, déplore Coralie Tijou. Nous ne pouvons toujours distribuer qu'une seule boîte de légumes par famille chaque mois. » A bon entendeur... W

Philippe Wendling
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