C’est l’un des effets secondaires de son retour en France. Le combattant chevelu du Racing Metro, aussi massif soit-il, cherche à se faire de plus en plus petit. Moins présent sur les plateaux télés ou dans les spots de pubs,
le 2e ligne du XV de France ne joue plus que la carte du rugby, répétant à l’envi «qu’il n’est pas un people». Depuis son retour sur les pelouses du Top 14, le personnage n’a pourtant pas changé. Son image, elle, a légèrement évolué.
«Il fallait arrêter l’empilage des campagnes publicitaires. L’adhésion du personnage faisait qu’il était surexposé. Sébastien en était plus que conscient, confie Pascal Irastorza, désormais en charge de l’image et la communication du joueur parisien. Mais les sollicitations restent très nombreuses. Quelqu’un qui demande à faire une vidéo avec lui pour son enterrement de vie de garçon, je ne lui en parle pas.»
La fin les clichés bestiaux
Le joueur tient à se faire remarquer sur un terrain de rugby. Plus en dehors. Ce ne sera donc pas lui qui doublera la voix de Grompf –
un yéti de dessin animé –, ou qui bouleversera son emploi du temps pour participer à un colloque. «Il faut que son image corresponde à sa personnalité. Et ce n'est pas cette image de brute épaisse qui a fait sa gloire, poursuit Irastorza.»
Sans le faire passer pour un agneau, le but est désormais de gommer les clichés bestiaux qui collent à la peau du joueur. Après cinq années passées en Angleterre plus question de montrer ce Chabal mordant dans un steak
ou rugissant avec un bébé dans les bras. «Pour nous, il incarne le respect, la performance et la résistance à l’épreuve. Pas du tout ce côté brutal, enchaîne Catherine Utet, responsable marketing chez Urgo, dont Chabal est l’icône.» Dans l’un de ses spots, la marque de pansements exploite même
le côté séducteur du personnage.
Discret dans les médias
Aujourd’hui, Chabal compte moins d’une dizaine de partenaires (dont Urgo, Smatis et Puma). Le barbu du rugby français sait se faire désirer. Sauf pour son club, dont la campagne d’abonnement a largement profité de l'effet Chabal. «On, ne recrute pas les joueurs pour ça, mais on serait bête de ne pas profiter de leur image», confesse Franck Boucher, directeur général adjoint du club.
Dans les médias en revanche, Seabass est plus discret. Une ou deux apparitions par mois, souvent bien choisies. Ces derniers mois, le joueur n’a pas digéré tout ce qui a été écrit sur lui. A force de lire qu’il est surcoté et que sa place est avant tout sur les panneaux publicitaires, le joueur et son entourage ont choisi de filtrer. «Maintenant, on est dans un climat apaisé, décrit Irastorza. Sans stress et sans souci.»
Si ce n’est celui de réussir ses plaquages.