Avec sept Français dont deux Polynésiens présents au premier tour du Quiksilver Pro France, le surf tricolore brille sous le soleil de Seignosse. Après la grisaille de la matinée, les nuages se sont levés laissant la place à une compétition qui bat son plein. Joan Duru, invité à Seignosse, Patrick Beven repêché et Michel Bourez du circuit pro ont terminé premier de leur série. Ils se qualifient directement pour le troisième tour vendredi.
Quel est le secret de cette réussite qui fuit certaines disciplines du sport français? «On a une bonne équipe de France, lâche le jeune Joan Duru, 20 ans, en passe de se qualifier pour le circuit mondial l’année prochaine. On voyage ensemble, il y a une bonne ambiance. On regarde ce que font Kelly Slater et les autres surfeurs. Ce sont nos modèles, on s’inspire d’eux pour progresser. Et puis Kelly, c’est lui qui nous a donné envie aussi de faire du surf.» «Franchement, c’est toujours bien de voir des grands champions comme Kelly Slater surfer, confirme le Tahitien Michel Bourez, 21e au classement général du WCT. On s’inspire d’eux, on essaye de voir leurs trucs et on les applique.»
Nature et jujitsu
Mais cela ne suffit pas pour être au top. Une bonne préparation physique reste essentielle pour que les surfeurs puissent tenir l’effort pendant trente minutes dans l’eau, le temps de se qualifier dans les séries. Yannick Beven, le coach physique de l’équipe de France, suit les surfeurs tout au long de la saison. «On fait du soutien sportif, de l’accompagnement et on surveille l’alimentation des surfeurs. On essaye le plus possible de s’adapter aux éléments selon l’endroit où l’on s’entraîne, dans les dunes ou en forêt par exemple. On puise dans l’énergie de la nature à l’entraînement.» Assouplissement, musculation et surf sont au programme de ses séances. L’alimentation est surveillée de très près. «On est ce qu’on mange, explique Yannick Beven. Il faut être méfiant sur tout».
Pour la petite histoire, Miki Picon, Tim Boal et Jérémy Florès, les meilleurs représentants tricolores, sont tous passés par le camp d’entraînement de Quiksilver. La préparation physique est adaptée selon les besoins de chacun avec une base commune pour l’ensemble du team. «On s’inspire surtout du jujitsu pour appliquer des techniques et leur apporter de la puissance, poursuit Yannick Beven, qui pratique sport de combat depuis une quinzaine d’années. Et puis, on va piocher dans les différents pays voir ce qu’ils ont comme idées et stratégies, mais on essaye de créer surtout notre propre tactique.» Pour l’instant, la mayonnaise prend bien, en attendant de voir un Frenchie s’imposer à Hossegor.