Marlet, un international en banlieue

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Publié le 21 septembre 2009.

FOOTBALL - L'ancien attaquant des Bleus évolue cette saison à Aubervilliers en CFA 2...

Entre un ancien international et des joueurs de CFA 2, la différence se fait déjà sur le parking. Au milieu des voitures aux phares amochés, Steve Marlet fait ronronner son 4x4 aux vitres fumées. «C'est sûr qu'on ne peut pas le louper», glisse Manu, le gardien du stade d'Aubervilliers. Depuis le début du mois, celui qui a connu le Vélodrome, Gerland et les plus belles enceintes de Premier League découvre le stade André Karman, sa tribune unique, surplombée de balcons grisonnants, sa piste d'athlétisme décolorée et sa pelouse bosselée.

«Je suis là parce que j’ai encore envie de jouer, justifie l'attaquant de 35 ans. Je ne me dis pas que je joue en CFA 2. Le foot c'est ma passion. Je jouerai tant que j'aurai des jambes.» Pas question de parler de retraite à quelqu'un qui s'estime en pleine possession de ses moyens. «Non, ce n'est pas possible. Professionnellement parlant, oui, j'ai fait mon deuil. Mais arrêter le foot, non. Je n'y arrive pas.»

Déjà en tête de son groupe

Oublié par les clubs pros, l'ancien bleu (23 sélections, 6 buts) a donc accepté l'invitation d'Abdellah Mourine, le coach et ami de plus de vingt ans, rencontré au centre de formation du Red Star. Une pige qu'il effectue bénévolement. «Il y a ici des jeunes qui ont plus besoin de toucher un fixe que moi». A l'entraînement comme en match, l'effet Marlet est immédiat. Après cinq journées, le promu est déjà en tête de son groupe.

«Il parle beaucoup, nous conseille, confie Jonathan Pies, l'un des gardiens de l'équipe. Malgré son âge, il a gardé sa rapidité, sa gestuelle. Honnêtement, je le verrais bien encore en L1. Dans une équipe comme Grenoble, il pourrait apporter quelque chose.» En attendant, le joueur formé au Red Star mène les footings de l'équipe de Seine-Saint-Denis, porte les buts d'entraînement comme tout le monde et entonne de drôles de «miaouuuu» pour chambrer les maladroits.

Diomède et Fiorèse au téléphone

«Il y a une bonne ambiance ici, savoure le buteur du FCMA. C'est un niveau amateur, mais tout fonctionne comme au niveau professionnel. Avec la même rigueur. Je ne retrouve pas la banlieue telle que je l'ai quittée. Ce n'est plus pareil. Ça joue moins des coudes.» Sauf peut-être du côté de ses adversaires, particulièrement attentifs face à leur prestigieux vis-à-vis, auteur d'un premier but face à la réserve de Créteil.

L'autre effet Marlet se mesure dans les gradins. «Contre Roye, c'était plein. 600 personnes, ça fait longtemps qu'on n'a pas vu ça à Karman», soutient Manu, le gardien assis dans les tribunes «depuis au moins trente ans». Les entraîneurs des équipes adverses supervisent même les banlieusards, cette saison. Un rituel du monde pro auquel seul l'ancien champion de France est habitué. «Les autres ne connaissent pas trop ça, c'est vrai. Moi, ma carrière est derrière moi. Aujourd'hui, je reste en contact avec des joueurs comme Diomède, Dacourt, ou Coupet. Avec eux, on ne s'est jamais quittés. Tiens, récemment, j'ai aussi eu Fabrice Fiorèse au téléphone. Et Dédé (Gignac)» Preuve qu'après dix-huit ans passés chez les pros, il n'est pas si facile de tout effacer. Sur le parking du stade Karman, un gros 4x4 attend d'ailleurs qu'on vienne le chercher.
Romain Scotto
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