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Grève de La Poste: Les raisons de la colère

Photo d'une boîte aux lettres de la Poste prise le 10 décembre 2008 à Paris.
Photo d'une boîte aux lettres de la Poste prise le 10 décembre 2008 à Paris./Jacques Demarthon AFP

SOCIAL - Entre restructurations et peur de la privatisation, 20minutes.fr fait le point...

La journée de grève nationale prévue mardi à La Poste est précédée ce lundi par une «grève illimitée» dans les 185 bureaux de poste parisiens. «Les deux mouvements sont à distinguer», souligne Jean-François Fouqué, trésorier du syndicat des services postaux, «mais ils se rejoignent». Mais pourquoi les salariés de la Poste se battent-ils?

Ils dénoncent les suppressions d’emploi
Le mouvement parisien, entamé lundi avec un peu moins de 14% de grévistes, demande à ce que soient abandonnés les projets de réorganisation et les suppressions d’emploi qui iraient avec. Selon Jean-François Fouqué, interrogé par 20minutes.fr, les bureaux parisiens ont connu «beaucoup de rénovation de bâtiments et à chaque réouverture, on perd deux ou trois guichetiers en moyenne.» Les bureaux parisiens ont perdu 140 postes aux guichets depuis six mois.

Ils condamnent la baisse de qualité des services
Claude Quinquis, membre du bureau fédéral de FO Communication renchérit en expliquant que ces suppressions d’emploi ont pour conséquence d’amoindrir la qualité du service. «En même temps qu’un allongement des horaires, il y a eu une baisse du personnel au guichet, ce qui entraîne un service moins bien rendu.» Le problème est notable dans les quartiers populaires. Jérôme Cottenceau (CGT) explique qu’au bureau de Poste de Château Rouge, à Paris, où la grève a commencé le 7 septembre, «le temps d'attente augmente» car l'activité dite de «banque sociale», c'est-à-dire le retrait au guichet de petits montants, notamment sur les Livret A, «n'est pas jugé rentable» et ne dispose pas de personnel suffisant.

Ils craignent une «privatisation cachée»
Le mouvement parisien s’inscrit dans le cadre d’une grève nationale prévue mardi. Celle-ci a pour but de dénoncer le projet de loi d’ouverture au capital. Présenté au conseil des ministres le 29 juillet dernier, il doit passer devant le Parlement en octobre. Pour les syndicats, il s’agit d’une «privatisation cachée». Le ministre du Travail a pourtant assuré que cela n’arriverait pas. «Je ne comprends pas l'inquiétude des salariés (...) Il n'est pas question de privatiser La Poste, il est question que La Poste reste un service à 100% public», s’est-il emporté dimanche lors du Grand rendez-vous Europe 1/Le Parisien/Aujourd'hui en France. Interrogé sur France Inter, le porte-parole du NPA (Nouveau parti anti-capitaliste) Olivier Besancenot a rétorqué qu’«à chaque fois, on change de statut au début, c'est 100% public. Puis, au fur et à mesure, on ouvre un petit peu le capital et ensuite c'est la privatisation totale».

Ils ont peur que s’installe une «logique de rentabilité» qui n’est pas la leur
Ce que redoutent les syndicats derrière cette «privatisation cachée», c’est de «suivre le chemin de France Télécom, avec des actionnaires privés qui arrivent et instaurent une logique de rentabilité pour maintenir les taux de rendement. Dans ce cas là, le prix unique du timbre n’aurait par exemple aucun sens. Ce seraient deux logiques qui s’affronteraient», analyse Jean-François Fouqué. Dans cette hypothèse, estiment les syndicats, les usagers seraient les premiers lésés. C’est pourquoi ils ont organisé du 28 septembre au 3 octobre prochain une «votation citoyenne» à travers la France.

Elodie Lestrade
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