C'est une immense clameur, un lourd cri de soulagement, qui déchire le ciel de Bollaert, hier soir sur le coup de 19 h. On croyait qu'il viendrait du choeur de Bollaert, mais il est venu du kop lillois. Le déclencheur ? Une tête lobée d'Adil Rami, qui vient rouler au fond des filets de Runje. Le Losc égalise, et les Lensois ont la tête dans le sac (1-1). Le dénouement est cruel pour Lens, mais pas totalement immérité pour le Losc. Et pourtant, ce résultat n'arrange personne, pour des Artésiens qui devaient se rassurer après leur défaite sans combattre à Montpellier (1-0), et pour des Dogues qui ne comptent que cinq points au compteur.
D'autant plus qu'une nouvelle fois, le Losc avait la main sur le match. C'est tendu, haché, dur et parfois violent. Au bout du kop lensois, Franck Béria est bombardé de boulettes de papier sur chacune de ses touches. Les insultes volent d'un kop à un autre. Mais les occasions sont rares. Bollaert a tout le même droit à deux minutes bouillantes. La première est un sommet d'inefficacité. Après un rush de Jemaa, Eduardo se retrouve seul devant Butelle, et trouve le moyen de ne pas cadrer sa frappe (17e), lors de la plus belle (et seule) occasion lensoise de cette première période. La deuxième est un must d'erreur d'arbitrage. Gervinho s'infiltre côté droit, accélère, mais s'écroule après un contact avec Eric Chelle. Il y a penalty, bien sûr, tout le monde le voit, sauf l'arbitre, Monsieur Bré, qui accorde généreusement un... six mètres aux Artésiens (26e). Au milieu de tout ça, des duels, beaucoup de duels, et un sentiment général assez dur pour les Artésiens : le Losc est un cran au-dessus, avec son attaque Aubameyang-Frau-Gervinho tout droit sorti du banc.
Mais pour Lille, le retour des vestiaires est un cauchemar. Ça commence par un coup de boule de Boukari, qui domine Debuchy dans les airs, à la réception d'un coup franc de Demont (1-0, 57e). Et ça continue avec un carton rouge pour Yohan Cabaye, tout juste entré en jeu, et qui n'avait même pas encore touché un ballon (73e). Mais les Dogues ne lâchent rien, et Rami joue les sauveurs pour son équipe. Les Lensois pourront toujours parler d'un penalty non-accordé après ce but, pour une faute de Béria. Mais les seuls coupables de l'égalisation lilloise, ce sont eux. W