Mika ou l'art de faire durer le plaisir fugace

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Publié le 18 septembre 2009.

MUSIQUE - Pourquoi Mika échapperait-il à son destin tout tracé d'étoile filante de la pop music ? Parce que... le talent

Le jeune chanteur libano-anglais a tout de l'artiste jetable. Une musique pop ultralégère, un look enluminé et très fashion, un univers tourné vers l'enfance, les cartoons et les plaisirs éphémères. Pourquoi Mika échapperait-il à son destin tout tracé d'étoile filante de la pop music ? Parce que... le talent.

Alors que sort son deuxième album, moins de deux ans après un premier opus écoulé à 7 millions d'exemplaires dans le monde, Mika surprend par son incroyable facilité à pondre des tubes pas sots.

«Succès pas prémédité»

Entre le printemps 2007 et l'été 2008, Mika a écumé les scènes, de plus en plus gigantesques, et aligné les tubes en radio. De tournées en interviews à la chaîne, la machine aurait dû écraser ce jeune homme d'apparence un rien fragile et qui avouait «ne pas trop comprendre» ce qui lui arrivait. «Le succès, ce n'était pas prémédité du tout, du tout.»

Sa maison de disques voulait faire durer la tournée et attendre un peu avant d'enregistrer une suite à Life in Cartoon Motion. Mika, lui, était pressé de retourner à l'écriture. «Quand j'ai commencé à travailler sur ce deuxième album, j'ai eu peur de ne pas faire aussi bien, explique-t-il. Avec le succès, on a plus de complexes et on a tendance à se protéger davantage. Mais il faut oublier la pression, sinon on court au désastre.»

Résultat, The Boy Who Knew Too Much est une révolution dans la continuité. S'il n'abandonne rien des envolées lyriques et rythmées qui ont fait son succès, Mika choisit d'aborder une nouvelle phase de sa vie dans cet album. Sur son premier album, il chantait l'insouciance et les désillusions amères de l'enfance. Celui-là porte sur l'adolescence effervescente. «Quand on est adolescent, on réagit à tout ce qu'il se passe, et on ressent des émotions extrêmes. Il y a une fragilité aussi... J'ai voulu tordre un peu mes comptines, comme si elles avaient été revues par Tim Burton.»

Pour autant, sa démarche post-pubère n'a rien de marketing. Grandir avec son public? Mika n'a pas besoin de ça. Tout simplement parce que sa musique touche aussi bien l'ado ravi de pouvoir danser sur un mode binaire gentil que le bobo «lol» décalé ou la ménagère décomplexée par la jovialité rassurante du chanteur. Mika a trouvé une fontaine de jouvence, et il a décidé de nous en filer à tous une bonne rasade. Pour longtemps.

Benjamin Chapon
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