POLITIQUE - Dominique Versini, défenseure des enfants, revient sur les missions de cette fonction qui pourrait disparaître...
C’est un poste qui pourrait bientôt ne plus exister. Le 9 septembre, le conseil des ministres a examiné un projet de loi pour la création du «Défenseur des droits». Problème: les prérogatives de ce dernier engloberaient le droit des enfants. Ce qui aurait donc pour conséquence une suppression du poste de Défenseur des enfants.
Dominique Versini, qui occupe actuellement cette fonction, s’est insurgée contre cette suppression. Pour 20minutes.fr, elle détaille ses trois attributions principales.
Recevoir les réclamations individuelles
«C’est la première mission du Défenseur des enfants. Ces réclamations peuvent émaner des enfants eux-mêmes, des parents ou encore de professionnels. Près de 50% des réclamations proviennent d’enfants qui se trouvent au coeur d’une séparation conflictuelle. Ils écrivent par exemple pour faire part de leur sentiment que le juge ne les a pas entendus. Notre rôle est alors d’intervenir auprès des administrations concernées pour mettre en valeur l’intérêt supérieur de l’enfant.»
Promouvoir le droit des enfants
«Nous ne disposons d’aucun budget. Donc pour faire connaître le droit des enfants et l’existence du Défenseur, nous développons des partenariats. Nous en avons par exemple mis en place une équipe de 34 jeunes ambassadeurs qui expliquent leurs droits aux enfants dans douze départements».
Rendre des avis
«A partir de tous les dysfonctionnements observés, mon rôle est aussi de rendre des avis. Concrètement, j’ai rendu des avis sur la situation des enfants dans les centres de rétention administrative ou encore sur les tests ADN. J’ai également contribué à mettre en place le débat sur le statut du beau parent qui a abouti sur un projet de loi».
Depuis sa création en l’an 2000, le Défenseur des enfants est, selon Dominique Versini, intervenu auprès de 20.000 enfants.
Propos recueillis par Elodie Lestrade