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Comment Ségolène Royal veut peser au Parti socialiste

Ségolène Royal à l'issue d'un entretien avec Martine Aubry, le 26 novembre 2008 au siège du PS
Ségolène Royal à l'issue d'un entretien avec Martine Aubry, le 26 novembre 2008 au siège du PS/Jacques Demarthon AFP

POLITIQUE - Décryptage de la stratégie de la présidente de Poitou-Charentes en cinq points...

Ne pas refaire le match... Mardi soir sur TF1, ainsi que dans la déclaration sur son site Internet, Ségolène Royal a écarté toute possibilité de recours en justice, hypothèse qu'elle avait avancée la semaine dernière. Et elle a même précisé: «S'il y a un nouveau vote, je n'en serais pas», disant qu'elle passerait la main «à une nouvelle génération». Une manière de rassurer certains de ses soutiens, dont beaucoup ont désapprouvé l'éventualité d'un recours au tribunaux.

... mais faire porter la responsabilité à la direction. La réponse de Ségolène Royal concernant les fraudes présumées révélées dans le livre Hold-uPS, arnaques et trahisons est simple: mettre la direction du parti socialiste face à ses responsabilités. Si ce qui est dit dans le livre est exact, elle demande à la direction du parti de faire «toute la lumière et prennent les sanctions qui s'imposent». Et qui est visé dans le livre? Principalement Jean-Christophe Cambadélis et Claude Bartolone, membres de la direction.

En revanche, elle s'est dite «prête» à se joindre à un recours dont Martine Aubry aurait l'initiative, au cas où les anecdotes contenues dans le livre seraient fausses. Une «déclaration de guerre faussement ingénue», écrit ce mercredi matin Jean-Christophe Cambadélis sur son blog. Qui, pour tout de même donner des gages de transparence, a proposé aux journalistes d'organiser une confrontation.

Se concentrer sur des combats symboliques. De la même manière qu'elle a toujours refusé de s'impliquer dans les batailles d'appareil - laissant les clés de son courant à Vincent Peillon - Ségolène Royal est bien décidée à poursuivre sa stratégie: jouer l'opinion publique contre l'appareil. A la rentrée, elle a mis l'accent sur deux mesures symboliques. La première, c'est la remise en cause de la retraite des mères de famille: «Nous ne devons pas laisser passer ça», a-t-elle lancé à ses partisans à La Rochelle. Elle avait d'ailleurs prévu de faire une conférence de presse sur le sujet. Mais la sortie du livre sur les fraudes au PS l'a obligée à ne faire qu'une déclaration sur le site de Désirs d'avenir. Le second sujet, c'est la taxe carbone, dont elle a rappellé le caractère «injuste» et «inefficace» dans la vidéo postée sur son site. Un sujet sur lequel elle avait fortement insisté à La Rochelle, s'offrant au passage une belle polémique avec la secrétaire générale de Verts Cécile Duflot.

Gagner les régionales. Créer un rapport de force avec les Verts répond à l'objectif de Ségolène Royal: remporter une victoire éclatante aux régionales de mars 2010 dans sa région Poitou-Charentes. Si possible au premier tour, confie son entourage, qui n'oublie pas que la «Zapatera» est née en 2004, lorsqu'elle a remporté cette région présidée auparavant par le Premier ministre de l'époque, Jean-Pierre Raffarin. Et pour ce faire, elle a choisi de ne pas se laisser impressionner par le succès des écologistes aux européennes.

Là où Martine Aubry cherche à ménager un dialogue avec les Verts, la présidente de Poitou-Charentes les prend de front: «Nous avons réalisé plus que le programme des Verts en 2004», a-t-elle affirmé à La Rochelle, avant de se demander sous forme de boutade si elle ne serait pas «la meilleure candidate écologiste».Le but de tout cela? Montrer aux écologistes qu'ils n'ont «aucun intérêt à partir en autonome» au premier tour.

Développer sa stature internationale. C'est un autre des axes de la stratégie de Ségolène Royal. Elle a notamment insisté sur la mission que lui aurait confié l'Onu, déclenchant au passage une belle polémique. Elle a aussi décidé de transformer Désirs d'avenirs en une «ONG européenne» afin de s'inscrire dans un réseau européen de think tanks, a-t-elle précisé au 20 heures de TF1. Une manière également de combler une relative perte de vitesse de Désirs d'avenir, qui ne compterait plus que «6 à 7.000 membres», a dit la présidente de Poitou-Charente selon l'Express. Sans compter que Ségolène Royal a toujours pris soin de développer sa stature internationale: le voyage qu'elle avait effectué début 2006 pour soutenir la future présidente chilienne Michele Bachelet avait conforté sa popularité.
E.J.
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