Scientologie : les juges demandent une enquête, l'opposition veut des explications
Créé le 16.09.09 à 08h20
Mis à jour le 16.09.09 à 09h06
SECTE - Après une modification de la loi qui interdit la suppression d'une secte pour escroquerie...
Y a-t-il un scientologue à la Chancellerie? Alors que la
dissolution d'une secte pour escroquerie est désormais interdite en raison d'une modification de la loi, les accusations se sont multipliées ce mardi à l'encontre de la Chancellerie.
Ce mercredi matin, le président de la commission des lois, Jean-Luc Warsmann, répondait à ces attaques sur France Info. Aucun lobby scientologue, aucune infiltration de la chancellerie n'a joué un rôle, a-t-il déclaré. Le coupable serait la complexité du processus législatif.
En effet, cette modification législative va bénéficier à l’Eglise de scientologie, menacée de dissolution il y a trois mois.
De quoi faire naître des soupçons dans la sphère politique et judiciaire.
«Dépénalisation rampante»
La ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a précisé ce mardi qu’il ne s’agissait que d’une
«erreur humaine» mais les magistrats ne le voient pas de cet oeil. Le syndicat de la magistrature (SM), politiquement à gauche, a demandé ce mardi soir l'ouverture d'une enquête parlementaire pour préciser les conditions de cette modification législative. «S'agit-il de la poursuite du processus de dépénalisation rampante du droit des affaires ou est-ce le symptôme d'un lobbying efficace de la Scientologie?», s'interroge le SM rappelant les propos tenus par
Emmanuelle Mignon, ancienne directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, qui déclarait «en février 2008 que
"les sectes sont un non-problème"».
«Infiltration»
Même réaction au PCF, où le député Jean-Pierre Brad demande également l’ouverture d’une enquête, alors que le porte-parole ddes députés du parti, Roland Muzeau, soupçonne une «infiltration» de la Scientologie à la Chancellerie. Le Parti socialiste, lui, évoque une «modification législative suspecte» et un «tour de passe-passe» et demande au gouvernement de s’expliquer.
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E. D.