SOCIAL - Le PDG de France Télécom a rencontré le ministre du Travail ce mardi...
«La répétition d'évènements si douloureux nous a conduit à entrer en contact avec la direction et conduit le gouvernement à une vigilance accrue». Xavier Darcos s'est inquiété mardi de la vague de suicides qui touche actuellement France Télécom. Après le nouveau suicide d'une salariée vendredi, le 23ème en un an et demi, et alors qu'une nouvelle tentative a eu lieu lundi, le ministre a appelé à «prendre des décisions», sans tout à fait préciser lesquelles. «Il est temps que l’
accord national du 2 juillet 2008 sur le stress au travail soit appliqué dans cette entreprise», a-t-il notamment déclaré
.
De son côté, Didier Lombard, Président de l'entreprise a promis: «Le France Télécom du mois de décembre ne sera pas celui d'aujourd'hui.» Il a rappelé la suspension des restructurations jusqu'au 31 octobre ainsi que le recrutement d'une centaine de DRF. Il a également annoncé la mise en place d'un numéro vert avec des psychologues extérieurs afin que «les salariés puissent s'exprimer librement». L'objectif a-t-il insisté c'est «d'arrêter le phénomène de contagion».
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«Un effet de contagion»
Les syndicats se sont félicités de cette rencontre au sommet. «Le gouvernement a pris conscience de l'enjeu et nous nous en félicitons», a expliqué Sébastien Crozier, délégué CFE-CGC. Il a par ailleurs lancé un appel aux salariés: «Nous demandons aux salariés qu'ils arrêtent de se suicider pour le travail, ça n'en vaut pas le coup.»
«Il est en train d'arriver ce que nous redoutions le plus, un effet de contagion. La priorité absolue depuis vendredi est de tout faire pour arrêter cette spirale infernale», a affirmé lundi la direction du groupe qui a invité les médecins du travail à donner l'alerte «sur les cas à risques», et a demandé aux «500 top managers français» «d'organiser des rencontres avec leurs équipes». L'observatoire du stress et des mobilités forcées chez France Télécom, joint par 20minutes.fr, estime que la situation est préoccupante:
«potentiellement,
d'autres employés sont susceptibles de se suicider. Mais la direction persiste à penser que les suicides sont des
cas isolés. Des experts ont pourtant déjà prévenu que ce type de déni risque d'aggraver la situation. Il y a urgence à initier un vrai dialogue social susceptible de rompre le cercle vicieux.»
«Tout cela a commencé dès le début de la privatisation»
Lundi, une salariée de 53 ans de Metz a été retrouvée inanimée sur son lieu de travail, après avoir avalé des barbituriques, mais ses jours ne seraient pas en danger, selon les pompiers. La semaine dernière, un autre salarié a tenté de se tuer en se plantant un couteau dans le ventre en pleine réunion. Contactées par 20minutes.fr,
des salariées confient leur malaise: «Tout cela a commencé dès le début de la privatisation, en septembre 2004. Depuis cinq ans, c’est de plus en plus dur. Il y a eu beaucoup de délocalisations ou de fermeture de services. Quand cela arrive, c’est très difficile, car on doit tout réapprendre.»
Nicolas Sarkozy a rencontré les syndicats
Le président de la République, qui a rencontré lundi les leaders des cinq organisations syndicales et a évoqué le dossier avec eux, a lui aussi «été assez dur sur le comportement de France Télécom», a affirmé Jacques Voisin (CFTC). «Mieux vaut tard que jamais», a déclaré lundi Sandrine Leroy (FO), qui espère que «ce n'est pas un effet d'annonce, avec juste une petite tape sur les doigts pour France Télécom».
«L'Etat doit obliger la direction à revoir l'organisation du travail, qui est la cause du mal-être», a ajouté Dominique Glémas (Sud), tandis que pour François Chérèque (CFDT), il faut «tout du moins un moratoire» sur les restructurations. Pour la CGT, «ce sont les choix stratégiques tournés vers la recherche obsessionnelle du profit qui sont en cause».
20minutes.fr