INTERVIEW - Gisèle Doutreligne, responsable du 119, explique à 20minutes.fr comment se déroule le signalement de maltraitance d'un enfant...
Après la mort de la petite Marina, de nombreuses questions se posent sur le rôle des services sociaux. La fillette leur avait été signalée et
après une enquête en 2008 ils avaient conclu qu'elle n'était pas en danger. La situation amène à s'interroger sur la façon dont les enfants sont signalés aux services sociaux. Gisèle Doutreligne, responsable du numéro d'urgence «Allô enfance en danger», explique le processus à 20minutes.fr.
Comment peut-on signaler un enfant maltraité?
Les citoyens peuvent aller voir une assistante sociale et lui faire part de leurs doutes. Mais il est parfois compliqué d'aller voir un service social. C'est pour cette raison qu'un filet de sécurité a été mis en place:
Le 119. L'appel est gratuit 24 heures sur 24 et n'apparaît pas sur la facture détaillée.
Comment procédez-vous lorsque vous recevez des appels vous signalant des cas de maltraitance?
Nous écoutons ce que la personne a à nous dire, et nous demandons des précisions. Nous en avons absolument besoin car, si l'on n'a pas certains détails comme le lieu où vit l'enfant, on ne peut rien faire. Nous avons besoin d'un minimum d'informations permettant de l'identifier. Une fois que nous avons recueilli ces informations, nous effectuons une transmission écrite au Conseil général.
Quel rôle a le département?
Depuis la
loi du 5 mars 2007, il y a dans chaque département une cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP). C'est elle qui centralise toutes sortes d'informations sur les cas de maltraitances. Celles-ci sont ensuite traitées et évaluées, puis la CRIP peut demander une évaluation sur le terrain. Selon la gravité du cas, le dossier peut également être transmis au procureur.
Dans le cas de Marina, les parents ont très souvent déménagé, cela peut-il compliquer le travail des services sociaux?
Oui. Si on déménage le suivi des dossiers peut devenir plus compliqué. Il est tout de même rare de voir des familles qui ne cessent de déménager pour échapper aux services sociaux. Dans le cas de cette affaire, je ne peux pas me prononcer puisque je n'y étais pas. Mais ce qu'il me semble, c'est que les parents ont mis beaucoup d'énergie et d'astuce pour cacher et transfigurer la situation.
Propos recueillis par Elodie Lestrade