INTERVIEW - Le député européen d'Europe écologie entame sa rentrée au parlement de Strasbourg avec un premier coup de gueule...
Alors que, depuis jeudi, les producteurs laitiers européens
sont en grève, José Bové entend interpeller la commission européenne et les ministres de l’Agriculture sur le sujet.
Qu’allez-vous faire aujourd’hui pour les producteurs laitiers?
C’est la session de rentrée au parlement européen de Strasbourg. Je vais y annoncer que je fais un jeûne de solidarité envers les producteurs et interpeller la commission. Les ministres de l’Agriculture doivent revoir leur position sur le sujet, sinon, si la crise continue, on risque de voir disparaître près de la moitié des producteurs européens, étouffés par les coûts.
Qu’attendez-vous concrètement de Bruxelles?
Nous attendons trois choses. Premièrement, une diminution de la production laitière européenne de 5 à 7% pour qu’il y ait une cohérence entre l’offre et la demande. Deuxièmement, l’annulation du démantèlement des quotas, qui entraîne une augmentation exponentielle de la production. Troisièmement, que les pouvoirs publics mettent en place des instruments de fixation des prix pour qu’ils ne soient pas en dessous du coût de revient.
Pensez-vous pouvoir être entendu?
Pour le moment, j’ai le sentiment qu’il n’y a aucune volonté de la part de la commission. Quand j’ai rencontré Mariann Fischer Boel (la commissaire européenne chargée de l’agriculture, ndlr), elle m’a dit que les producteurs «avaient besoin de compassion». Je lui ai répondu que non, ils ont besoin de justice!
Propos recueillis par Oriane Raffin