Depuis les révélations de la télévision brésilienne Rede Globo fin août, Renault est soupçonnée d'avoir volontairement provoqué l'accident de son second pilote, Piquet Jr., lors du Grand Prix de Singapour en 2008 pour favoriser la victoire de son équipier Fernando Alonso. On pense que c'est le père de Nelsinho, le triple champion du monde Nelson Piquet, qui a alerté les instances sur l'existence de cette affaire après que son fils a été viré de l'écurie. Avant, il aurait tenté d'éviter le licenciement en menaçant l'écurie de tout réveler.
Renault a senti monter le danger et en juillet. A cette date, Flavio Briatore, le patron de l'écurie, avait écrit une lettre à Nelson Piquet publiée par le site F1SA.com. «J'ai été extrêmement choqué d'apprendre que vous menaciez de faire cette déclaration devant la FIA comme un moyen de pression pour obtenir de Renault, en échange de votre silence, une poursuite de l'accord avec Nelsinho après le Grand Prix de Hongrie», avait écrit Briatore à Nelson Piquet, agitant la possibilité d'une plainte.
Jeudi soir, le site internet, F1SA.com, a publié le procès-verbal d'un enregistrement audio de Piquet Jr à la FIA. «Il m’a été demandé par Flavio Briatore, qui est à la fois mon manager et le directeur de Renault F1 Team, et par Pat Symonds, directeur technique de Renault F1, de provoquer délibérément un accident afin de favoriser les performances de F1 Renault», y déclare Piquet Jr. Un document qui, s'il est autentique, est accablant pour Renault.
La puissant fédération des écuries de F1 (Fota) a par la suite vivement critiqué cette fuite dans les médias. «La Fota considère que les conflits intérieurs au sport devraient être traités de manière professionnelle et condamne l'habitude de faire sortir intentionnellement des documents confidentiels pour influencer l'opinion publique», a-t-elle fait savoir dans un communiqué. Quant à Flavio Briatore, il se dit victime de ce déballement. «Je trouve aberrant qu'il y ait de telles fuites sans qu'on ait la possibilité de défendre notre position. Le dommage est énorme pour l'écurie. Il est déjà fait. Quand on parle d'une équipe, on doit penser aux gens qui y travaillent. Ce n'est pas juste de criminaliser une équipe avant qu'elle soit condamnée. Avec ce qui est sorti dans la presse, on est déjà condamnés.»